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Category Archives: Comportement, caractère

Diverses recherches tendent à prouver que la domestication du chien remonterait à environ 12 à 14.000 ans (d’autres recherches parlent même de 100.000 ans), le chien serait donc le premier animal à avoir été domestiqué. Dans le but de lui faire exécuter des tâches bien spécifiques, l’humain a peu à peu substitué à la sélection naturelle une sélection artificielle. Pendant bien longtemps, le chien a surtout joué un rôle utilitaire (garde des troupeaux ou des biens, chasse, guerre). Cependant depuis la fin du XIX e siècle, le rôle du chien s’est modifié ; d’animal utilitaire, il a conquis peu à peu le statut d’animal de compagnie. Il est actuellement le plus souvent considéré, sous nos latitudes tout au moins, comme un membre à part entière de la famille. Sa tâche ne s’en trouve pas facilitée pour autant, puisque l’on attend de lui qu’il remplisse différents rôles simultanés– allant de celui de gardien de la maison, à celui de substitut de l’enfant, en passant par celui ‘d’objet de prestige-, rôles auxquels il lui est parfois difficile de s’adapter.

 

Bien qu’il soit impossible de quantifier de manière rigoureuse les bienfaits que le chien (ou un autre animal) apporte aux humains qui le côtoient, tous ceux qui l’intègrent dans leurs tâches quotidiennes, qu’ils soient psychologues, psychothérapeutes, médecins, infirmiers, gardiens de prison, etc. admettent que sa présence est un facteur positif et souvent même, très positif. Elle a même parfois permis de débloquer de situations qui paraissaient sans issue.

 

En ce qui concerne le bien être en général, la plupart des recherches mettent en évidence qu’il est souvent plus facile d’enter en contact avec un animal qu’avec ses semblables. En effet, l’animal ne nous juge pas, il nous accepte tels que nous sommes, avec nos sautes d’humeur, nos moments de cafard, nos maladies, etc.….Il se montre moins exigent que nos semblables et se contente du peu que nous lui offrons, sans pour autant remettre en question l’intérêt qu’il nous porte, ce qui n’est pas toujours le cas pour nos amis bipèdes. Face à lui, l’humain ne se sent pas obligé de jouer la comédie, car il n’établit pas de relations de compétition avec lui. Alors que les enfants grandissent et quittent peu à peu le foyer familial alors que les amis peuvent se détourner de nous, l’animal reste là, présent à nos côtés, semblant attendre notre bon vouloir.

 

Les chiens sont très observateurs, ils détectent rapidement tous nos changements de comportement, même minimes, et y réagissent en conséquence.. Ils nous donnent en quelque sorte l’impression de participer à nos émotions et de ce fait, leur seule présence nous apporte un grand réconfort, surtout lorsque la vie ne nous sourit pas. Les enfants doivent le ressentir puisque beaucoup d’entre eux se tournent spontanément vers leur compagnon à quatre pattes pour se réassurer quand ils se trouent des situations de stress. Le canidé facilite aussi le jeu, pousse ses petits maîtres à explorer les environs et à prendre un peu d’indépendance, leur fournit le contact physique dont ils ont besoin sans la crainte d’être englués dans des relations émotionnelles indésirables, comme cela peut parfois être le cas avec les humains. Il est également plus facile pour l’enfant de projeter certains de ses sentiments sur un animal que sur un être humain.

 

Les animaux en général et le chien en particulier nous apportent le sentiment d’être utiles ; ils ont en effet besoin de nous, ne serait-ce que pour manger, sortir, être caressés. Devoir tenir compte des besoins élémentaires de l’animal peut, en lui même être bénéfique par le simple fait qu’on est obligé de structurer ses journées, de se poser des jalons. Ce qui peut paraître sans importance pour des personnes actives peut être primordial pour des êtres qui traversent des périodes difficiles. A l’heure de la retraite, de la mise au chômage, il est souvent pénible de se retrouver seul, face à un agenda vide alors que quelques mois plut tôt, on n’arrivait pas à faire face à toutes ses obligations. Le chien va aider à trouver un autre but : plus question de rester en pyjama du matin au soir, il faut sortir Médor, aller s’oxygéner….

 

En avant donc pour la promenade. Et c’est là que la suite des événements se déclenche : étant un animal social, notre canidé domestique va rechercher le contact de ses congénères et se faire tout plein de copains ! Par la force des choses, il va inciter son propriétaire à entrer en contact avec d’autres humains, ne serait-ce que pour parler des prouesses respectives de leurs petits compagnons ! Une fois le chapitre « chien » clos, la conversation va tout naturellement dévier sur d’autres sujets. Entre gens soumis à une même passion, on est forcément fait pour s’entendre ; l’amitié ne va pas tarder à pointer le bout de son nez. En fait, la seule présence du chien semble faire tomber bien des barrières, d’autant plus que devoir communiquer avec un membre d’une autre espèce qui ne comprend pas réellement le langage parlé nous oblige à utiliser d’autres canaux de communication, ce qui parallèlement augmente nos aptitudes à communiquer avec nos semblables

 

La possession d’un animal a une incidence très favorable et très rapide sur le bien être. On a, par exemple,  pu observer qu’en cas de maladie, la présence d’un animal contribuait non seulement à hâter la convalescence de ses propriétaires, mais également à augmenter leur espérance de vie et qu’elle incitait les personnes âgées à rester indépendantes plus longtemps.

 

Des effets bénéfiques ont été constatés même dans le cas où l’animal ne prenait pas une part active à la relation. La présence d’un chien dans une salle d’expérimentation détend l’atmosphère et fait diminuer le stress ; la simple représentation d’un animal semble même suffisante pour que la situation dans laquelle il se trouve intégré prenne une connotation plus positive.

 

Les bienfaits apportés par l’animal se trouvent encore grandement amplifiés lorsqu’il s’agit d’humains fragilisés (maladie psychiatrique, emprisonnement, période de déstabilisation). Par sa seule présence, l’animal aide à créer ou à maintenir un dialogue non seulement entre l’équipe soignante et le patient, mais également entre les patients eux-mêmes.

 

Au vue de tous ces résultats, il serait absurde de dénigrer les relations que nous entretenons avec nos animaux familiers, puisqu’ils nous apportent un plus dans la vie de tous les jours. Le lien qui unit l’homme et l’animal doit être considéré comme une relation complète, tout en étant différente de celle qui unit deux humains.

Malheureusement, l’animal prend parfois une place tellement importante dans la famille que l’on en vient à occulter la notion de différences interspécifiques. Or, à vouloir le traiter à l’égal d’un humain, on oublie qu’il a ses propres codes de vie, différents de nos codes moraux et qu’il n’interprète pas les situations dans lesquelles il est placé de la même manière que nous. En ce qui concerne le chien dont nous allons parler plus en détail, refuser de reconnaître qu’il est resté dans sa nature même un carnivore social, c’et ben souvent le placer dans un état de mal être qui peut se solder par toutes sortes de problèmes comportementaux qui non seulement empoisonnent la relation entre le chien et ses maîtres, mais peuvent également à conduire à l’abandon de l’animal voire à se mise à mort. En Amérique, chaque année entre 7;et 11 millions de chiens sont euthanasies dans les refuges ; or , l’on estime qu’entre 50 et 70 % d’entre eux le sont à cause de problèmes comportementaux, dont la plupart pourraient être améliorés, voire éradiqués.

 

Comment peut on expliquer un tel malentendu entre l’humain et celui qu’on a l’habitude de surnommer son meilleur ami ? Bien qu’il vive en étroite relation avec nous, le chien a gardé de son ancêtre le loup des très nombreux comportements. De récentes recherches portant sur l’analyse des séquences mito-chondriales de l’ADN ont d’ailleurs mis en évidence que loup et chien étaient encore si proches qu’ils en formaient en réalité qu’une seule et même espèce !

 

Le chien, tout comme le loup, est en quelque sorte préprogrammé pour vivre en meute selon un système hiérarchique, comprenant deux hiérarchies parallèles : celles des mâles et celles des femelles. Socialisé aux humains dès son plus jeune page, notre compagnon à quatre pattes a tendance à considérer ces derniers comme des congénères ; il va donc s’intégrer à sa famille humaine comme il ferait s’il s’agissait d’une meute de canidés. Qui dit intégration dit recherche d’une place bien définie dans la hiérarchie. Or, contrairement à ce que la plupart des humains s’imaginent, le chef de meute n’est pas ans cesse en train de réaffirmer son autorité par la force ; sinon comment expliquer qu’il arrive relativement souvent qu’un chien de petite taille s’octroie le commandement suprême  face a des congénères beaucoup plus gros que lui ?

 

La première caractéristique d’un chef de meute est donc moins la force physique que le tempérament, une certaine force de caractère. S’il utilise parfois son agressivité pour soumettre les récalcitrants, le leader est la plupart du temps la référence vers laquelle les autres membres de la meure se tournent lorsqu’ils ne savent pas comment agir. Les membres occupant une position inférieure lui font très souvent allégeance en adoptant une attitude de soumission. Aux chefs de meute ( le mâle et la femelle alpha) sont dévolues de très importantes charges notamment l’organisation de tous déplacements et la défense du territoire. En contrepartie, les leaders bénéficient de privilèges plus ou moins marqués en fonction des conditions écologiques dans lesquelles ils vivent, et ne reçoivent d’ordres de personne. En cas de disette, ce sont les chefs sui se nourrissent en premier; ce sont eux qui choissent les meilleures places de repos, n’hésitant pas à faire déplacer un congénère dont ils convoitent l’emplacement. Chez les loups, les animaux en haut de l’échelle sociale ont également un rôle prioritaire dans la reproduction.

 

Dans la meute, chacun communique sa place respective par toutes sortes de postures et de mimiques. Lorsque les chefs sont reconnus en tant que tels, ils jouent un rôle stabilisateur et les conflits sont relativement rares ; c’est la remise en question de leur statut qui augmente à la fois le nombre et la violence des conflits, conflits pouvant alors se solder par de graves blessures.

 

Intégré dans la famille humaine, le chien devrait logiquement être placé tout en bas de l’échelle sociale puisqu’en principe (mais on peut parfois en douter) ce sont nos semblables qui prennent les décisions ; c’est d’ailleurs la seule manière pour lui de sentir bien dans ses poils. Or, ce n’est pas en lui faisant toutes sortes de discours, mais en agissant selon les codes canins que l’on va montrer au chien se place de subordonné.

 

Le chef de meute ne reçoit, nous l’avons vu, d’ordres de personne, mais en sollicitant sans cesse des caresses, des friandises, des jeux, Médor est passé « maître es dressage humain », alors que lui n’obéit que lorsque cela lui plaît.

 

En lui distribuant sa pitance juste avant notre repas, en partageant ce dernier avec lui, en lui permettant d’occuper les places réservées au chef, que ce soit le lit ou les canapés, en le contournant lorsqu’il est couché sur notre passage, on lui accorde des privilèges réservés au chef. Bien entendu, beaucoup de chiens ne semblent pas affectés par le non respect de leurs codes vie, heureusement pour nous ! Cependant, si le chien a du tempérament ou s’il est de nature anxieuse, les ennuis peuvent commencer. Le problème devient plus grave lorsque notre compagnon à quatre pattes traduit son mal être par toutes sortes perturbations comportementales ou exige d’être obéi sous peine de sanctions, menaces ou morsures (comportements inadmissibles aux yeux des humains, mais néanmoins corrects si l’on se réfère aux codes du chien).

 

Tout problème de comportement devrait nous mettre en garde afin de pouvoir agir avant que la situation ne se dégrade et que le maître, à bout de patience, ne se résolve, parfois la mort dans l’âme, à se séparer de l’animal.

 

Une autre incompréhension de comportement canin peut voir des conséquences plus graves pouvant déboucher sur des morsures infligées aux enfants de la famille. Ces passages à l’acte sont bien plus fréquents que l’on voudrait bien l’admettre et se soldent par de graves traumatismes, aussi bien physiques que psychologiques, pour l’enfant, et dans la plupart des cas par la mise à mort de l’animal. Une enquête faite en Pennsylvanie montre, par exemple, que 45 % des enfants au-dessous de 18 ans se sont fait mordre ; même si la majorité de ces blessures n’a pas nécessité de soins spécifiques, le pourcentage est énorme. D’autres enquêtes mettent en évidence le nombre important de morsures d’enfants entre 1 et 4 ans ; il faut également savoir qu’avant 5 ans, l’atteinte la plus fréquente se fait au niveau du visage et qu’un accident sur trois a lieu à la maison. Il s’agit donc très souvent de morsures faites par le chien de la famille.

 

La majorité des parents dont les enfant ont été mordus par leur chien pensaient pourtant que ce dernier n’aurait jamais fait de mal. Il est donc impératif de rappeler que tout chien reste un chien, avec son comportement de chien, mais avec ces codes canins et que les accidents sont le fait de toutes les races, de la plus petite à la plus grande, de celle qui est considérée comme étant gentille à celle qui a la réputation d’être très agressive. Il ne s’agit pas à proprement parler de méchanceté du chien : là encore, ce dernier réagit en fonction de la situation telle qu’il voit (et non telle que nous l‘analysons) et en fonction de ses codes qui ne correspondent à nos codes moraux.

 

Pour comprendre les relations entre le chien et les jeunes enfants de la famille, nous sommes obligés de nous référer aux relations que la chienne entretient avec ses propres rejetons, ainsi qu’aux relations entres chiens adultes et les chiots de la meute.

 

Avant leur maturité sexuelle, les chiots ont un statut à part. Bien que leur mère et les adultes de la meute se montrent relativement patients envers eux, ils commencent cependant rapidement à leur inculquer les codes canins. Si les chiots n’obtempèrent pas, ils n’hésitent pas à les menacer en les fixant ou en les grondant ; si la menace n’est pas suffisante, ils ont recours à une morsure inhibée du museau. Ce comportement provoque très souvent la soumission passive du chiot et son immobilisation, ce qui pour corollaire l’arrêt instantané de toute agressivité. Plus le chiot grandit, plus il est discipliné.

 

Les chiots vont établir également entre eux des relations hiérarchiques, mais de manière moins rigide, avec de nombreux changements selon les jours, leur motivation ou la nature de l’enjeu.

 

Les enfants de la famille étant considérés plus ou moins comme des chiots ; ils sont donc traités comme tels par le chien. Malheureusement, l’enfant n’est pas capable de comprendre les codes canins et d’y réagir en conséquence. Dans la plupart des cas, c’est parce que l’enfant transgresse de tels codes qu des accidents arrivent.

 

Une enquête effectuée par Millot et ses collègues –au cours de laquelle ont été filmées les relations spontanées dans le milieu familial entre des enfants âgés de 2 à 5 ans et le chien de la famille en présence d’un membre adulte de cette dernière-permet de décoder ce qui se passe. On doit surtout reteni qu’avant 3-4 ans, dans 67 % des relations, l’enfant entre en contact corporel avec son chien : il pose la main sur lui, le caresse, lui donner des coups, lui tire les poils, l’embrasse, le serre contre lui, ce qui ne doit pas toujours être du goût de l’animal… Cette étude met également en évidence le fait que plus l’enfant est jeune, plus il a tendance à se montrer agressif envers l’animal et que les chiens de petite taille ou les jeunes chiens reçoivent plus de comportement agressifs de la part de l’enfant que les autres.

 

Si ce que le chien considère comme un mauvais traitement persiste, le canidé a souvent tendance à rechercher un coin tranquille. Or, dans la majorité des cas, non seulement l’enfant le poursuit, mais encore continue son activité déplaisante. Pour avoir la paix, le chien peut lors réagir par une menace, menace qui aurait de fortes chances de faire reculer un chiot, mais qui peut  encourager l’enfant à persévérer. Le chien sera tout naturellement amené à préciser sa menace en effectuant une morsure inhibée sur l’enfant. Or bien qu’elle soit inhibée une telle morsure peut faire des dégâts importants, puisque le petit humain est plus fragile que le chiot et que c’est bien souvent la visage qui, étant le plus proche du canidé, est visé. De plus, comme l’enfant n’adopte pas le rituel de soumission passive, mais qu’au contraire, il crie et se débat, le chien peut être amené à serrer un peu plus la pression de ses mâchoires.

 

Alors, que faire ? Il serait tout à fait erroné de priver l’enfant de la présence du chien, puisque cette dernière est un facteur très positif dans son développement. Cependant, pour que tout se passe bien, il faut impérativement respecter certaines règles de conduites. Il convient tout d’abord de donner au chien une position subalterne et renforcer la position de l’enfant en accordant certains privilèges à ce dernier. Il faut, par exemple, interdire au chien l’accès des chambres à coucher. Il est aussi important, déjà avant la naissance du bébé, de diminuer peu à peu l’attention portée à l’animal, puisqu’on aura beaucoup moins de temps à lui consacrer par la suite. Présenter le bébé au chien à l’extérieur. Afin de donner une connotation positive à l’enfant, il convient d’associer le plus possible le chien aux activité  que l’on fait avec lui. alors que la plupart des parents font l’inverse, il est préférable d’ignorer l’animal quand bébé dort.

Ne jamais laisser un jeune enfant (même s’il se trouve dans sa poussette) seul avec un chien, et ceci ,même pour un court instant ; augmenter encore sa vigilance lors de réunions d’enfants : un chien peut accepter certains gestes de la part de ses petits maîtres, mais ne pas les tolérer de la part de leurs copains.

Attribuer au chien en endroit sûr dans lequel il puisse se retirer quand il désire avoir la paix et interdire à l’enfant de le déranger ; lui interdire également de s’approcher du chien quand il mange ou dort, quel que soit l’endroit.

Choisir un chien bien socialisé aux enfants dès son plus jeune âge permet d’éviter la plupart des morsures provoquées par la peur.

Apprendre aux enfants à ne jamais s’approcher d’un chien inconnu (d’autant s’il est attaché), à éviter de la fixer dans les yeux ( cela peut être interprété comme une menace par le chien), à ne pas courir ou crier en sa présence et surtout à je jamais l’embêter, même s’il se trouve dans un enclos ou derrière une barrière.

En résumé, le chien est un être merveilleux qui peut nous apporter beaucoup et représenter un plus dans notre vie. Pour que tout se passe bien, il est  cependant indispensable de connaître et surtout de respecter ses codes de vie. Posséder un animal n’est pas un droit mais un privilège, à nous de le mériter.

 

Des règles d’or

 

Il faut toujours demander la permission au propriétaire du chien pour le caresser.

Ne jamais s’approcher d’un animal attaché et ne jamais déranger un chien qui dort, qui mange ou qui se repose dans son panier.

S’il y a attaque et que l’enfant tombe, il doit se mettre en boule, face contre terre, le visage et la nuque seront protégés par le bras. Le reste du corps bien arrondi préservera le dos et les pieds doivent être repliés sous le derrière. Cela s’appelle la position de la tortue.

Un enfant ne doit jamais rester seul avec animal et ne doit pas séparer deux chiens qui se bagarrent.

L’enfant ne doit jamais frapper, punir ou être brusque envers le toutou ou jouer à l’exciter.

L’enfant doit s’arrêter de courir et de marcher normalement quand il croise un chien attaché ou non

 

Meilleure qualité de vie grâce au chien

 

Sur dix personnes âgées, sept estiment que leur santé est bonne ou très bonne, même si la vie quotidienne est perturbée par des troubles corporels plus fréquents. Les animaux apportent ici une contribution décisive à un meilleure qualité de vie : chiens mais aussi chats et autres animaux domestiques agissent positivement sur le physique et le psyché des êtres humains.

 

La génération âgée se sent mieux armée face aux problèmes de la vie quotidienne que les jeunes. Malgré ce bilan réjouissant, il reste néanmoins vrai que les vieux ont à luter contre des sentiments de solitude, des dépressions  et la fragilité corporelle. Dans toutes les périodes de la vie, les animaux familiers offrent un soutien et sont de fidèles compagnons. Les chiens et les chats donnent à leurs propriétaire le sentiment d’être utiles. Les animaux ont en effet besoin de soins et de mouvement. Ainsi la journée se déroule à un rythme qui, à sont tour, influence positivement la vitalité des êtres humains. La prise de conscience d’être utile et nécessaire renforce l’estime de soi même. Les animaux familiers contribuent à entretenir ou à rétablir des contacts avec la nature et les autres gens. L’intérêt pour les événements sui se passent dans l’entourage et ainsi éveillé, la vivacité d’esprit est conservée. Le sentiment de solitude et détresse se manifeste moins souvent en présence d’un compagnon à quatre pattes. Les chiens communiquent en outre un sentiment de sécurité. La contribution de tous les animaux familiers sur le psyché est inestimable : ils arrivent à faire rire leurs propriétaires.

 

Les promenades en plein air et les contacts avec la nature favorisent un style de vie sain : la pression sanguine diminue et le niveau de cholestérol baisse. C’est ainsi que les animaux familiers permettent d’éviter tout une série maux chroniques.

 

Étant donné la baisse de leurs capacités physiques, les personnes âgées se sentent souvent exclues par leur entourage. La confrontation avec l’isolement, la maladie et l’âge fait ressentir à bon nombre de personnes leur propre fragilité et celles-ci réagissent alors souvent de manière incontrôlée. Dans ces cas, les animaux apportent une précieuse contribution ; les mouvements ralentis ainsi que la fragilité n’entravent en aucune manière la relation homme-animal. Naturellement, la compagnie d’un chien ou d’un chat ne peut pas remplacer les relations entre les êtres humains. Néanmoins elle est une aide importante avec l’âge et précisément chez les personnes âgées qui vivent dans leur propre logement.

 

 

Evelyne Teroni co auteur du livre «  le Chien, un loup civilisé »

 

Avant d’aborder l’attitude à avoir en face d’un chien inconnu, il convient de connaître les mimiques de menace émises par un chien afin de pouvoir agir en conséquence. Bien que la sélection artificielle exercée par l’homme ait modifié certaines caractéristiques physiques et comportementales et rendu ainsi les signaux moins clairs, la règle de base est d’observer l’attitude générale du chien pour appréhender sa motivation en tenant compte de tous les paramètres, pour autant que l’on sache les interpréter correctement.

 

Il est, par exemple, complètement erroné d’affirmer, ce que l’on entend souvent dire, que le fait de remuer la queue est le signe que Wolf est d’humeur joyeuse et amicale : remuer la queue pour un chien signifie qu’il est excité. Pour connaître son humeur réelle en se basant simplement sur cet appendice, il faudrait prendre en considération la hauteur à laquelle il est tenu, son amplitude, ainsi que la position au repos, tâche très ardue si l’on sait que cette position varie en fonction des races.

 

En règle générale, un chien sûr de lui et prêt à défendre ce qu’il considère comme son droit tente de se faire le plus grand possible ; corps raide, poils hérissés, queue en position plutôt haute, oreilles pointées vers l’avant, babines retroussées, regard fixe. Le tout peut être accompagné d’aboiements et de grognements. Un chien peu sûr, mais pouvant néanmoins attaquer dans certains circonstances, notamment s’il se trouve acculé, prend l’habitude inverse : corps ramassé, pattes fléchies, oreilles tournées vers l’arrière, queue en position basse, souvent plaquée sur ou entre les pattes arrières ou repliée sous le ventre, regard détourné. Bien entendu, cette catégorisation est grossière car l’animal est très souvent partagé entre deux motivations, par exemple la peur et l’agressivité. Contrairement à ce que l’on pense souvent, un chien qui mord n’est pas toujours un chien dominant, non peureux ou vicieux. Un chien de caractère timide qui se sent menacé est tout à fait capable de faire usage des ses crocs et peut provoquer parfois des blessures très graves.

 

Si le chien s’approche de lui-même mais semble présenter des signes de menace, il convient de rester le plus calme possible et de se laisser renifler ; dans la plupart des cas, il va se contenter de prendre des informations à votre sujet (cela fait partie du rituel de salutations canines et peut être comparé à notre poignée de main). Ne le caressez surtout pas dans la région de la tête et dos car cela peut être ressenti comme un geste de dominant. (rappelant le geste du dominant qui pose sa patte sur la tête sur le cou ou sur le dos de son congénère) et un chien de fort tempérament ne risque pas d’apprécier une telle privauté : des caresses sur le poitrail sont nettement plus indiquées.

 

Il est impératif de se rappeler que les gestes brusques, les cris, les gesticulations incoordonnées risquent de provoquer des morsures. Il vaut mieux mettre les mains dans les poches pour éviter les mouvements inconsidérés (80 % des morsures ont en effet lieu aux extrémités). Partir en courant est une très mauvaise idée car, dans une très grande majorité des cas, cela déclenche une poursuite et peut stimuler l’instinct de chasse.

 

Si, de votre profession, vous devez pénétrer en l’absence de ses maîtres dans une propriété dans laquelle se trouve un chien, il est préférable d’avertir le chien de votre venue en sonnant au portail. Si son attitude est menaçante, mieux vaut renoncer et avertir ses propriétaires de votre passage afin qu’ils prennent les dispositions adéquates. Quelquefois cependant, le chien ne se manifeste pas tout de suite, mais apparaît brusquement alors que l’humain se trouve déjà dans la propriété ou dans la maison. Que faire ? Nous pouvons distinguer grossièrement deux situations :

 

          le chien accule l’humain en grognant, tous crocs dehors. Il est préférable de simuler l’attitude du chien dominé, attitude qui, il est utile de le rappeler dans ces cas là, inhibe l’agressivité de l’agresseur, diminuer sa taille en s’accroupissant, regarder dans la direction du chien mais un peu derrière lui et surtout ne jamais le fixer dans les yeux. En cas d’attaque se protéger le visage de ses mains et en cas de morsure ne jamais essayer de retirer le membre mordu de la gueule du chien. Cela ne ferait que l’inciter à resserrer ses mâchoires avec encore plus de force. En réagissant de cette manière, les dégâts sont grandement limités. Se retirer le plus lentement possible, sans montrer des signes d’énervement, parler au chien d’une voix douce peut le calmer. Si cela vous défoule, vous pouvez le traiter  de tous les noms, pourvu que votre voix reste douce, il n’y verra que du feu…..
Dans certains cas, surtout si la personne est très sûre d’elle, donner l’ordre au chien de s’asseoir quand il se trouve en face d’elle peut faire des miracles. Cependant, il est peu probable que le chien obéisse aux ordres s’ils sont émis avec des tremblements dans la voix et de nombreux micro-signaux indiquant la peur.

          Si le chien est peu sûr de lui mais considère l’intrus comme une menace, dans la majorité des cas, il ne l’affrontera pas de face, mais attendra qu’il ait le dos tourné pour lui attraper les mollets. Dans ce cas, il convient à nouveau de garder son calme, de se tourner pour faire face au chien en regardant dans sa direction, mais sans le fixer et en quittant la propriété en reculant.

Si vous êtes poursuivi en faisant du jogging ou du vélo, une seule parade, s’arrêter et rester immobile.

4 -La période de socialisation

  On peut dire que la période socialisation est caractérisée par quatre éléments importants :

Les autocontrôles

La communication

Les règles de la vie en meute, la hiérarchisation

Le détachement

Ces quatre éléments constituent la charpente de tout processus de socialisation.

 

A – Acquisition des autocontrôles :

Pour Schématiser, on peut considérer qu’à l’issue des trois premières périodes du développement, le chiot fonctionne par l’essentiel sur le mode stimulation > réponse. Cela signifie qu’à toute application d’une stimulation d’intensité suffisante, il répond en produisant un acte. Ce mode de fonctionnement est tout à fait primitif. Il ne permet pas d’ajuster la réponse en fonction des réactions du milieu, c’est-à-dire en fonction des modifications subies par le stimulus. Au début de la période de socialisation, le chiot répond à tous stimulus en produisant des actes uniques d’une durée et d’une intensité uniquement conditionnées par les réactions émotives déclenchées. Les jeux, l’exploration, les alentours du nid ou du corps de la mère vont permettre aux chiots de développer des réponses comportementales, de les organisées et de se réguler. Ce processus n’est possible que si le chiot est placé dans un environnement favorable et suffisamment stimulant. Chaque nouvelle expérience est fixée dans sa mémoire.

L’acquisition du signal d’arrêt semble l’un des évènements majeurs de la période de socialisation. Bien qu’aucune étude n’ait cherché à préciser la date de l’acquisition de ce signal, on peut dire que le jeu joue un rôle déterminant. L’une des illustrations de ce processus est sans doute l’acquisition de la « morsure inhibée ». Vers l’âge de cinq semaines, les chiots recherchent les jeux de combat au cours desquels ils grognent et se mordent. Leurs dents de lait sont alors très pointues et l’intensité des morsures infligées est uniquement conditionnée par l’excitation engendrée par le jeu. Très vite le chien mordu crie, ce qui modifie l’état du chien mordeur qui peut s’interrompre, mais s’il ne le fait pas, la mère réagit et corrige le chien mordeur. Le chiot acquiert ainsi la capacité d’interrompre la séquence de combat en fonction des signes extérieurs ( les cris du partenaire, les grognements de la mère). L’existence d’une fratrie suffisamment nombreuse et surtout la présence d’adultes normo socialisés apparaissent comme indispensable à l’acquisition du signal d’arrêt. Dans le cas contraire, les chiots présentent un comportement tout à fait aberrant qui aboutit au syndrome d’hyperactivité – hypersensibilité.

Jeu après jeu, le chiot apprend à contrôler sa morsure afin de ne pas déclencher les cris de ses pairs. Ce contrôle est essentiel à la vie sociale des chiens. Lors des affrontements que déclenche une situation de compétition hiérarchique, la capacité de chacun des adversaires à contrôler ses mâchoires est la seule garantie contre des blessures graves.

Un autre exemple peut être donné avec celui du comportement alimentaire. Le chien affamé perçoit un lapin (vue et flair) proie qu’il connaît pour avoir déjà consommé du lapin. Ce stimulus est perçu dans un contexte de motivation alimentaire, il a une forte intensité d’évocation. Il déclenche l’approche et la capture qui vont constituer la phase appétitive qui abouti à la mort du lapin. Le stimulus transformé est alors bien celui qui est capable de déclencher la consommation du lapin (phase consommatoire). A la fin de son repas, le chien se lèche les babines et les antérieurs, ses mouvements se ralentissent : c’est la phase de stabilisation. Il s’arrête finalement. C’et le signal d’arrêt. Cet exemple montre bien l’organisation fonctionnelle du chien et permet aussi de comprendre les états pathologiques.

Un autre exemple est donné par l’apprentissage capital pour le chiot, celui de la hiérarchie alimentaire. Lorsque la mère commence à monter moins de patience pour les tétées du fait de la poussée des premières dents de lait du chiot.  Les chiots vont chercher d’autres ressources alimentaires disponibles, c’est-à-dire la nourriture des adultes, mère comprise. Ces tentatives déclenchent des réponses de menace de la part de tous les adultes. Ainsi empêchés d’apaiser immédiatement leur faim, en particulier par les dominants, les chiots vont patienter jusqu’à ce que la nourriture restante leur soit abandonnée. Durance cette phase d’attente, les petits tournent en gémissant autour de la nourriture. Stressés par cet obstacle inattendu, ils émettent des signaux posturaux et des mimiques traduisant leur inquiétude : oreilles basses, queue sous le ventre, membres fléchis, démarche hésitante. D’abord émis en désordre, ces signaux font se structurer pour prendre la forme d’un véritable rituel d’apaisement des dominants. Les chiots apprennent qu’une démarche louvoyante, lente, interrompue, avec détournement du regard dès que les grognements de l’adulte redoublent, leur permet de s’approcher du repas.  A la vue de ces signaux de soumission, l’adulte sait qu’il ne se heurte pas à une tentative d’appropriation de la part d’un challenger ou d’un dominant.  Cet apprentissage est le développement d’une tolérance à la frustration qui s’avère indispensable au cours de la vie sociale. Le jeune chien apprend qu’il n’est pas possible de satisfaire instantanément ses besoins, et qu’il faut se contrôler pour envoyer le message approprié. Outre sa fonction sociale, cet apprentissage participe à la mise en place des autocontrôles sensori-moteurs essentiels pour la vie future du chiot.  Enfin tout en apprenant la soumission pour obtenir à manger, le chiot peut observer le comportement du dominant – découverte indispensable  pour devenir plus tard un dominant efficace. Les chiens privés de cet apprentissage se montrent très souvent accapareurs face à une source de nourriture, réaction qui sera interprétée comme de la dominance à tort. Confrontés à leurs congénères, par exemple, immergés au sein d’un  meute, ils se révèlent incapables d’adopter un comportement dominant mais ne savent pas non plus se soumettre : ils sont rapidement évincés par les autres chiens.

 

B – Acquisition des systèmes de communication

Le développement de systèmes de communication est une nécessité absolue pour toutes les espèces animales. La notion de communication suppose la transmission d’une information détenue par un individu « émetteur » à un individu dit « récepteur », au moyen de signaux arbitraires mais communément interprétables par les deux protagonistes. Par exemple lors de l’attaque d’une proie, les vocalises modulées par les chiens sont associées à des situations de chasse particulières,. (proie perdue, proie en vue, ou type de proie) L’homme a appris à connaître ses vocalises et en a fait la clé de voûte de la vénerie (chasse avec des chiens courants). Durant une chasse à courre, les chiens n’émettent pas les mêmes vocalises suivant qu’ils suivent une biche ou un cerf, ou selon que la proie est proche, ou hors de vue. Cet échange d’informations au sein d’un groupe permet d’anticiper les réactions de la proie et augmente les chances de succès.

Cette communication est cruciale au cours des interactions sociales. L’une des caractéristiques des espèces sociales et la raréfaction des agressions. Un des moyens d’y parvenir consiste à moduler les signaux échangés de façon à faire évoluer la perception de la situation sans recourir à l’affrontement direct. S’il est possible d’apaiser le congénère et d’éviter le combat par des signes de dominance, ou au contraire de soumission, le profit est substantiel.

Afin de provoquer la reconnaissance escomptée du message chez l’autre, le chien stimule un ou plusieurs organes sensoriels du récepteur en lui fournissant des informations structurées. Cette transmission se fait par des canaux de communication empruntant un canal sensoriel principal : vision, audition, olfaction, goût ou toucher.  Plus le chiot sera en contact avec d’autres chiens, plus son système de communication sera développé.

 

Canal tactile : Le toucher est le premier sens qui se développe chez le chien. Actuellement on considère que c’est essentiellement au niveau de la truffe et des vibrisses implantées au  niveau du museau, du menton et des sourcils que le chien recueille des informations tactiles. Ces derniers permettent au chien de suivre le sol lors d’une quête nez à terre. Des récepteurs sensitifs cutanés existent par ailleurs sur tout le corps sans que leur répartition exacte soit parfaitement connue.

 

Canal olfactif : la communication olfactive  se fait par des substances émises les phéromones Elles sont capables d’intervenir sur les secrétions hormonales, et induisent des modifications émotionnelles à l’origine de variations de l‘état émotionnel.  Les réponses comportementales à la perception d’une phéromone sont par exemple l’évitement, la fuite, la tendance à l’inhibition ou à la soumission ou, au contraire, des réponses agressives. Pour donner un exemple, l’une des premières sources de phéromones chez le chien est le contenu des sacs anaux. Ce contenu est le plus souvent évacué spontanément avec les selles, mais à des moments variés de la défécation. Certains chercheurs ont postulé que les secrétions anales des chiennes en chaleur attirent les mâles. Des expériences qui consistaient à recueillir les secrétions de chiennes à différentes périodes du cycle et de les placer sur des chiennes en repos sexuel ont fait apparaître un comportement sexuel des males avec chevauchement lorsque ces secrétions étaient issues de femelles en chaleur.

Vivre dans un monde d’odeurs entraîne probablement des conséquence psychiques importantes sur la perception du temps et de la présence en l’absence de quelque chose. Dans les cas de la perception visuelle, et dans une moindre mesure, de la perception auditive, une chose n’existe qu’aussi longtemps qu’elle apparaît dans le champ visuel ou qu’elle émet un bruit. Un objet caractérisé par son odeur peut en revanche exister plus longtemps puisque cette odeur subsiste dans le milieu, même après disparition de l’émetteur. Une telle idée dérangeante et surtout très difficile à appréhender pour une être humain, soulève la question de la représentation que le chien a de la réalité qui l’entoure.

 

Canal auditif : à la naissance, les conduits auditifs sont encore fermés et les connexions avec le cortex cérébral temporal ne sont pas établies. Le chiot n’est toutefois pas totalement sourd. En effet, chez lui comme de nombreuses espèces animales, la perception des sons est relayée non seulement par le tympan mais aussi par les nombreuses lames ostéo-cartilagineuses qui garnissent les cavités sinusales. Ce complément de transmission ne permet pas au jeune animal de percevoir les sons aussi finement que par le système auditif, mais il l’autorise à situer les sources de bruit dans l’espace qui l’entoure. La perception sonore du chien lui permet de détecter une proie par les bruits ténus de ses déplacements. Elle autorise la communication à distance entre membres d’une meute. L’oreille du chien perçoit des ultrasons jusqu’à 35 000Hz, alors que notre propre oreille n’est sensible qu’à des vibrations ne dépassant pas 20 000Hz. Ces capacités exceptionnelles sont particulièrement intéressantes pour détecter des proies mais aussi pour discriminer les vocalises des congénères et notamment reconnaître le congénère émetteur ou percevoir son état émotionnel.

 

Canal visuel : le chien possède un équipement sensoriel très différent de celui de l’homme. De ce fait, le chien et son maître vivent dans des réalités très dissemblables. L’œil du chien est surtout adapté à la vision en lumière faible. Sa rétine, très riche en bâtonnets, autorise la vision d’objets peu lumineux. Cependant, cette perception manque de définition. L’œil du chien est surtout adapté à la perception des mouvements et autorise la chasse dans la pénombre. Contrairement aux idées reçues le chien voit les couleurs. Cependant ses performances sont nettement supérieures dans les bleus et les verts tandis que sa rétine semble peu sensible à la lumière rouge. Qu’elle que soit la race, le champ visuel du chien est supérieur à celui de l’homme. Le chien est capable de percevoir des mouvement de provenance très latérale, et notamment ceux de son maître durant la marche en laisse. Pendant la phase de socialisation, le chiot va apprendre les rituels, c’est-à-dire les postures et mimiques qui sont en fait des actes spécifiques qui permettent aux animaux de communiquer. La situation dans laquelle l’animal se prépare à exécuter le rituel est toujours la même. L’animal qui exécute ce rituel le répète et l’accentue jusqu’à ce que l’animal récepteur adopte le comportement recherché. En se ritualisant un comportement devient un facteur de cohésion sociale. Les rituels sont indispensables à la survie de la meute et limitent la survenance de conflits qui ont toujours pour conséquence de déstabiliser la meute et de la rendre vulnérables aux agressions extérieures. Il est à noter qu’un individu est plus à l’aise dans la meute où il a vu le jour que dans une autre meute avec d’autres rituels. Car s’il existe des rituels invariants pour une même espèce, le mode de fonctionnement de la ritualisation rend possible l’adoption d’innombrables variations au sein d’une même espèce. Ces variations, en apparaissant au sein d’un groupe social, vont être fixées et transmises d’une génération à une autre. Par leur existence, elles contribuent à l’originalité de chaque groupe, de chaque meute. Le chiot développe ses premiers rituels au cours des jeux et des interactions avec la mère. Notre tendance anthropomorphique peut nous conduire à juger le comportement parental des chiens selon nos propres critères et à comparer les chiots à des bébés. Or il est indispensable que la mère et les autres chiens adultes corrigent les comportements inadaptés des jeunes chiens. C’est ainsi qu’ils apprennent les signaux de communication de leur espèce. Le caractère spectaculaire de ces corrections tient au grognement et au fait que les adultes saisissent les chiots entre leurs mâchoires. Ces prises ont parfaitement  contrôlées et n’entraînent aucune blessure. Seul le poil est mouillé. Lorsque cette phase éducative commence, on observe un changement d’attitude  de la mère qui montre pour la première fois des réactions agressives face aux chiots. Il serait faux d’en conclure qu’il faut lui enlever ses petits. Il faut laisser la mère et les autres adultes accomplir leur tache éducative et ne pas mettre les chiots à l’écart, au risque de voir ces animaux développer des troubles comportementaux sévères.

 

Hiérarchisation

Comme tous les mammifère sociaux, le chien organise sa vie en meute autour de règles hiérarchiques. Le chiot doit apprendre ses règles pour pouvoir interagir correctement avec ses congénères. Ses règles s’acquièrent au cours du jeu. Les chiots sont très attentifs au comportement des adultes et semblent beaucoup apprendre par imitation. Au cours du jeu, ils tentent de reproduire les mouvements et les postures particulières qui composent les interactions hiérarchiques des chiens de la meute. C’est ainsi que s’élabore un répertoire postural validé à l’occasion des jeux et confrontations avec les adultes.

Certaines réactions des petits lors de soins pratiqués par la mère deviennent des éléments majeurs de la communication. Ainsi les chiots ont été habitués à être retournés d’un coup de museau par leur mère qui déclenchait l’émission de leur urines et excréments en léchant la période périnéale. Désormais autonomes sur ce plan, ils réagissent toutefois en urinant dès qu’on les place et on les maintient sur le dos. Cette réaction lorsqu’elle survient au cours du jeu avec la mère ou un adulte, interrompt les grognements et libère le chiot. Après quelques répétitions, cet enchaînement mémorisé devient un rituel de soumission qui permet de bloquer les réactions agressives de l’adversaire. Associé au contrôle de la morsure et à la capacité à s’inhiber acquise autour de la nourriture, il constitue un fondement de la communication sociale des chiots. C’est dire l’importance du jeu et ses conséquences sur le développement comportemental.

Le chien vit en meute organisée selon une hiérarchie subtile par un jeu de prérogatives et de signaux de communication, le territoire contrôlé par la meute peut se révéler soudainement moins riche en ressources. Les règles sociales évitent une inutile compétition, voir des agressions autour d’une nourriture moins abondante. Ce contrôle de l’accès à la nourriture est l’une des prérogatives des dominants, et l’apprentissage de ces règles marque en quelque sorte l’entrée du chiot dans la meute.

La première étape de l’apprentissage de la hiérarchie se met en place dans les semaines qui suivent le sevrage. Jusqu’à cette période les chiots qui se nourrissent à la mamelle ne respectent aucune règle d’accès à la nourriture. Lors du sevrage, leur mère les conduit auprès des sources de nourritures disponibles dans la meute. Face à la nourriture, les chiots affamés approchent de la nourriture, mais sont violemment repoussés par les adultes. Ils apprennent progressivement à respecter l’ordre de préséance alimentaire et émettent des postures d’apaisement pour approcher de la nourriture.

La seconde étape est contemporaine de la puberté chez le mâle et des secondes chaleurs chez la femelle. L’optimisation de la reproduction permet d’ajuster la taille de la meute en fonction des ressources alimentaires disponibles. L’expression du comportement sexuel devient un moyen de manifester son statut de dominant et participe à la communication par l’intermédiaire de rituels très élaborés. Cette organisation entraîne aussi une répartition spatiale des membres de la meute en fonction de leur rang hiérarchique, et donc de leur accès à la sexualité.

La période pubertaire du chien au cours de laquelle les glandes sexuelles commencent à secréter des hormones sexuelles et produisent des cellules reproductrices entraîne des modifications psychiques et une différenciation évidente des comportements entre mâles et femelles.

Chez le mâle, cette période se manifeste par un double pic d’agressivité suivi d’un retour à la normale. Dans la meute, les chiots mâles sont chassés des zones fréquentées par les dominants et surtout par les femelles. Ils sont contraints de choisir un lieu de couchage situé en périphérie du territoire de la meute et ne peuvent plus approcher des femelles adultes. Ils sont rejetés par les mâles adultes et par les femelles. Cette marginalisation des adolescents s’accompagne d’une inhibition du comportement sexuel en présence des dominants.

Les chiennes adolescentes subissent le même processus, mais de façon plus progressive. Leur marginalisation n’est jamais complète et peut se dérouler jusqu’au deuxième chaleur. De plus, il est possible que le contrôle de leur sexualité soit également réalisé par des phéromones émises par les femelles adultes.

 

Détachement

La puberté des chiots marque leur entrée à la fois dans le groupe des reproducteurs potentiels et dans l’arène des adultes hiérarchisés. La puberté est contemporaine d’un autre évènement déterminant dans le vie psychique du jeune chien : le détachement. S’il ne peut y avoir de développement normal sans attachement, ce lien entre le chiot est un autre individu qui lui apporte nourriture, protection et apaisement (en général la mère) doit prendre fin le jour le passage à l’âge adulte. Il doit y avoir détachement. Cette prise de distance s’opère principalement à l’initiative de la mère, mais il est vraisemblable que les chiots ainsi que les mâles adultes de la meute y jouent un rôle important. La période qui suit l’éruption des dents de lait, rend la tétée douloureuse et est la première cause de distanciation entre les chiots et la mère. La chienne tend à passer moins de temps dans le nid et s’éloigne fréquemment pour dormir à distance des petits. Leurs tentatives pour revenir au contact déclenchent  une nouvelle prise de distance de la mère. Il semble que la chienne semble rejeter plus précocement les mâles que les femelles. Cette tendance est observable aussi bien au cours des jeux que des interactions affectives. Cette rupture progressive mais violente dans sa réalisation entraîne la disparition du lien à la mère et son remplacement par un nouvel attachement au groupe social et tout particulièrement au mâle  dominant.

Entrés dans la meute, les jeunes chiens sont obligés d’utiliser les compétences sociales qu’ils ont acquises au cours de la période de socialisation. Cette nécessite est particulièrement forte pour les jeunes mâles. Tentés de s’incruster dans des zones territoriales fréquentées par leur mère et les autres femelles, ils sont en butte aux réactions des mâles dominants et des femelles elles mêmes. Agressés et repoussés hors de ces portions de territoire de la meute, ils s’installent en périphérie, là où se trouvent les individus les plus bas dans la hiérarchie. On parle de marginalisation des jeunes mâles. La marginalisation se manifeste par lé détermination du lieu de couchage, mais ne signifie par l’impossibilité d’interagir avec les autres chiens de la meute. Plusieurs jeunes peuvent partager un même lieu de couchage qu’ils défendront contre toute intrusion même d’un dominant. De fait, lors d’un conflit avec un mâle dominant, le jeune chien répondra en se soumettant et en se réfugiant dans son repaire, ce qui suffit à apaiser l’ire de son supérieur hiérarchique.

La marginalisation des jeunes femelles n’existe pas, elles restent proches de leur mère alors même que celle-ci élève la portée suivante.  Les conflits hiérarchiques ne sont pas exclus pour autant mais sont surtout visibles au moment des chaleurs durant lesquelles les femelles adultes de haut rang s’interposent entre les mâles et les jeunes femelles, interdisant tout comportement de cour. De plus, les premières chaleurs de ces jeunes chiennes sont discrètes même parfois indécelables, si bien qu’on soupçonne l’existence de phéromones inhibitrices des chaleurs émises par les dominantes. Cycle ovarien après cycle ovarien, certains chiennes prennent leur distance avec le groupe des dominantes. Développant des stratégies qui leur permettent de tromper la vigilance des dominantes, elle parvienne à attirer un mâle dominant qui les saillit. Elles deviennent à leur tour des dominantes.

Chez le chien, les quatre piliers de la dominance sont le contrôle de la nourriture, les contacts interindividuels, du territoire et de la sexualité. L’individu dominant montre son statut par des rituels mettant en scène ses prérogatives. Il mange le premier, ingère lentement la nourriture en regardant les autres qu’il tient à distance par des grognements. En fin de repas, il abandonne généralement un peut de nourriture que les autres obtiendront s’ils s’approchent lentement, s’arrêtent dès que les grognements s’amplifient et émettent des signes de soumission (oreilles basses, queue sous le ventre, et membres fléchis). De même le contact avec lui est possible à condition de l’aborder dans un mode apaisant et dominé et d’interrompre dès qu’il se raidit. Le dominant peut empêcher les contacts entre les membres de la meute. Son lieu de couchage, visible, lui permet de voir tout ce qui se passe alentour, notamment les entrées et les sorties de territoire. Enfin sa sexualité est publique et tonitruante. Les mâles dominants s’appliquent à saillir publiquement les chiennes en chaleur de la meute, et ce plusieurs fois de suite. Ces saillies ne sont pas pour autant toutes fécondantes : chez le chien et d’autres canidés sociaux, après une série plus ou moins longue de saillies durant lesquelles il émet un sperme riche en spermatozoïdes, le mâle n’éjacule plus que liquide séminal pou ou pas tout pourvu de cellules fécondantes. Sa frénésie sexuelle n’a donc d’autre fonction que sociale..

 

 

Conclusion

 

Lorsque le chiot vit sa phase de développement avec sa mère et ses congénères, le lien d’attachement qui se construit entre la chienne et ses petits conduit les jeunes à s’identifier à leur seule espèce. En arrivant à huit semaines dans une famille, le chiot tisse un nouvel attachement avec un être humain. Il associe les formes humaines au groupe des « semblables ».

A l’âge de huit semaines, le chiot vit toujours sous la protection d’une bulle sensorielle au sein de laquelle il revient sitôt qu’une nouvelle expérience le plonge dans la peur. C’est alors que l’homme fait irruption dans sa vie en le privant brutalement de cette sécurité. La séparation déclenche une phase de stress qu’on peut ne pas repérer. En effet, les signes dits de « protestation » : agitation, gémissements, plaintes ne sont pas continuels mais entrecoupés de périodes de calmes apparents. Ils constituent les symptômes d’une souffrance émotionnelle majeure. Plus l’environnement dans lequel vit sa nouvelle famille diffère de celui qu’il partageait avec la chienne, plus le besoin de trouver l’apaisant contact maternel se fait sentir. Alors se tisse un nouveau lien avec une personne appelée à devenir le nouvel être d’attachement du chiot.

L’établissement du nouvel attachement s’avère indispensable à la mise en place d’une socialisation satisfaisante du chiot à l’environnement humain L’individu « référent » du jeune animal sert de pivot rassurant et aussi de modèle à partit duquel s’opèrent des apprentissages par imitation Ainsi s’acquièrent les signaux de communication et se forment les comportements adaptés à l’environnement, par exemple se placer du bon côté de la porte pour pouvoir sortir Le chiot organise ses activités autour de la personne et revient régulièrement au contact notamment en cas de peur Le chiot tend alors à se placer entre les jambes de son être d’attachement et reste aux aguets Ainsi identifiée, cette personne doit veiller à organiser progressivement le détachement qui s’opère vers l’âge de 6 mois pour cela, dès 4 mois, elle doit repousser le chiot qui veut venir se coucher aux pieds et refuser de plus en plus souvent de se laisser solliciter ou approcher.

Les rebuffades doivent être très explicites : il faut réagir de la même façon que lorsque le chiot fait une sottise. Même si parfois cette attitude paraît difficile à adopter – on s’attendrit facilement face à un chiot qui demande un câlin-, il faut savoir s’y conformer pour  le bien de l’animal et aussi pour préserver la relation future.

 

La socialisation est un processus de maturation qui commence dès que le développement sensori-moteur est achevé. Rapportée à la durée de vie d’un chien, cette période de vie paraît très longue puisqu’elle occupe 5 à 8 mois de son existence. Elle commence avec l’acquisition de l’audition (réflexe de sursautement positif marquant la fin de la période de transition) et s’achève avec le détachement (rupture du lien d’attachement à la mère). Durant cette phase, le chiot apprend les règles de vie en meute, et en particulier toutes les règles de préséance qui gouvernent l’accès à la nourriture et aux lieux de couchage, ainsi que les contacts avec les congénères. Le chien est un animal social qui recherche en permanence la compagnie de ses congénères et entretien avec eux des relations de coopération complexe assurant une meilleure gestion des ressources et la survie de la progéniture. Le développement de ses compétences sociales dépend des ses capacités d’imitation. Il passe de longs moments à observer ce que font les adultes, puis dans les épisodes de jeux il reproduit les enchaînements de signaux qu’il a parfois mémorisé maladroitement. Au début, les erreurs de contexte et d’exécution sont nombreuses, mais les conséquences de ses erreurs, le chien n’obtient pas ce qu’il veut ou bien reçoit une correction, l’incitent à améliorer ses performances.

 

Chez l’éleveur, l’éveil du chiot dans une meute structurée et équilibrée lui permettra de devenir un adulte équilibré.

Le chien est un carnivore social. Il vit en meutes organisées selon une hiérarchie subtile par un jeu de prérogatives et de signaux de communication. Cette organisation permet de contrôler les réactions agressives de chacun, assure la sécurité des membres de la meute et leur fournit un cadre rassurant face aux menaces et situations stressantes produites par le milieu

Avant d’arriver chez vous, le chiot est aux soins de sa mère et de son éleveur. Chacun à leur manière, ils ont pour mission d’en faire un bon chien. Voici ce qu’il doit avoir vécu……

  Quatre étapes capitales

 On a longtemps pensé que le développement du système nerveux et des organes sensoriels ne commençait qu’après la naissance. Les progrès de l’imagerie médicale ainsi que l’évolution des mentalités ont conduit à réviser cette opinion : la vie fœtale est intégrée à présent dans les phases du développement. On a coutume de diviser le développement comportemental du chiot en quatre grandes étapes.

 

1 – La période prénatale  : Elle commence réellement aux alentours du 35 e jour de conception et s’achève à la naissance. Dès la fin de la cinquième semaine de gestation, le fœtus canin réagit à des stimulations notamment tactiles. Ces premières acquisitions sensorielles ne s’expliquent que par la nature du milieu utérin, qui apparaît non pas comme un vase clos, mais comme un milieu  perméable à de nombreuses influences extérieures : certains goûts, des sons (notamment les vocalises de la mère) ou des stimulations tactiles. Le fœtus se trouve donc au cœur d’un environnement certes protégé mais qui lui permet d’éprouver ses premières expériences sensorielles. Voilà le chiot préparé à recevoir des informations du milieu dans lequel il devra vivre après sa naissance. Il nous semble important de retenir l’existence d’un échange d’informations entre la mère et les fœtus, mais aussi l’effet de résonance des états de stress qu’elle est susceptible de développer.

Une étude a été menée sur deux chiennes Beagle âgées de 26 et 32 mois et une chienne croisée Berger Allemand de 35 mois. Ces chiennes subissent tous les jours pendant cinq jours une palpation très appuyée des cornes utérines. Les fœtus sont surveillés au moyen d’un échographe et on note leurs réactions lors de ces manipulations. Les résultats obtenus montrent une agitation importante des fœtus durant les 30 secondes qui suivent cette manipulation. Cette agitation motrice s’atténue progressivement à partir du 3e jour chez la plupart des fœtus et disparaît chez la quasi totalité d’entre eux à partir du 4e jour. L’étude conclut à une compétence tactile précoce chez ces fœtus, associée à des mécanismes d’habituation puisque la réponse va s’atténuer sous l’influence des répétitions. Il est logique de penser que cette capacité d’habituation tactile est susceptible de jouer un rôle dans l’établissement des futurs seuils de sensibilité tactile.

Une expérience a également été réalisée pour rechercher les éventuelles réponses du chiot lorsque la mère subit un stress. Les chiennes utilisées sont les mêmes que précédemment auxquelles s’ajoute une chienne caniche nain de 36 mois. Les fœtus sont âgés de 45 mois environ et la stimulation n’est réalisée qu’une fois. : il s’agit d’une détonation produite à l’aide d’un pistolet à « amorces ».. On observe les réactions des embryons sur un écran échographe.  Les mouvements des fœtus comprennent très souvent des succions d’un membre antérieur ou du cordon ombilical, des rotations. Plus la réaction de la mère est violente, plus la réponse des chiots se prolonge. Cette observation conduit à souligner l’importance des situations génératrices de stress chez une femelle gestante. Visiblement ces réactions émotionnelles trouvent une résonance chez le fœtus et on doit dès lors s’interroger sur les suites possibles durant le reste de la vie des chiens. Il s’agirait alors de mécanismes allant dans le sens de travaux réalisés chez le rat et qui démontrent que des jeunes issus de femelles ayant subi un « programme d’agressions systématiques » durant la gestation ont des compétences sensori-motrices, cognitives et immunitaires significativement inférieures à celles d’un lot témoin issu de femelles dont la gestion s’est déroulée en milieu favorable.

 

La mère et les embryons échangent des informations chimiques concernant pour une large part les hormones qui vont modifier transitoirement ou plus durablement leurs physiologies respectives. Lorsque la mère est en état de stress chronique diverses hormones sont libérées de façon plus intense et induiront une plus grande instabilité émotionnelle chez les futurs chiens. D’autres substances chimiques viennent de la nourriture ingérée par la mère et vont créer des préférences qui se manifesteront après la naissance. On peut ainsi produire une attirance pour des goûts insolites comme l’essence de thym en introduisant cette substance dans l’alimentation de la femelle gestante. Seules les molécules capables de passer la barrière placentaire pourront provoquer ce type de phénomène. Une expérience a été menée sur 5 femelles gestantes partagé en deux lots. Dans le premier composé de trois chiennes, l’alimentation comprend quotidiennement 20 gouttes d’essence de thym tandis que le second reçoit le même aliment sans essence de thym. Au moment de la naissance, les chiots sont placés sur le ventre de la mère dont une mamelle sur deux est imbibée de cette essence.

A l’exception d’un chiot, tous ceux qui issus des femelles du lot « test » recherchent l’essence de thym, tandis que, pour ceux issus du lot témoin, ce paramètre le plus souvent ne semble pas influencer le choix. Lorsqu’il entre en ligne de compte, il joue un rôle répulsif. Il semble donc bien qu’il soit possible d’orienter le goût des chiots en fonction du régime alimentaire de la mère. L’intérêt de ces données est bien sûr évident en ce qui concerne l’alimentation de la femelle gestante, et l’alimentation du chiot au sevrage.

Enfin bien que les oreilles ne soient pas fonctionnelles, le fœtus perçoit les vocalises de sa mère à travers le liquide amniotique, ce qui pourrait l’aider à la reconnaître après la naissance.

 

2 – La période néonatale : de la naissance à 14 jours  : Elle s’étend de la naissance à l’ouverture des yeux. C’est la période néonatale : très dépendant de sa mère, le chiot est en phase végétative. Il est sourd, ses yeux sont clos, il se déplace très peu, uniquement en rampant, sa température corporelle n’est pas régulée. Sa mère le réchauffe, le lèche, le déplace, vocalise à son intention et l’aide à éliminer puisqu’il est incapable de le faire sans stimulation. Son emploi du temps se résume à dormir (90 % du temps) et à téter (sept ou huit fois par jour). Il y a peu ou pas d’intervention humaine à cet âge là, si ce n’est maintenir la caisse de mise bas propre en changeant plusieurs fois par jour les couvertures à l’intérieur. Les chiots sont ainsi déplacés par l’éleveur et c’est l’occasion de procéder à des pesées.

Pendant le sommeil paradoxal, les chiots présentent des mouvements incessants de la face, des oreilles, des paupières, des lèvres, mais aussi des membres (tremblements), du tronc et des muscles peauciers. Ils sont entassés les uns sur les autres et il est probable que les stimulations tactiles qu’entraînent ces contacts vont jouer un rôle dans la maturation sensorielle. Les portées formées d’un seul chiot s’avèrent beaucoup plus sensibles à une absence de soins maternels que les portées de plusieurs chiots. Ces périodes de sommeil sont parfois accompagnées d’émissions de vocalises. Quelques périodes de sommeil profond surviennent parfois (5% des cycles) et sont caractérisées par un état de repos total apparent.

Le temps de veille est presque totalement occupé par la tétée. Les prises de nourriture apparaissent assez régulièrement toutes les 3-4 heures. Elles sont synchrones pour toute la portée, qui présente d’abord une phase d’agitation avec reptation et émission de cris. Lorsque l’extrémité du museau touche la mère ou un autre chiot, la reptation s’arrête et reprend ensuite en direction de l’objet rencontré, ce qui va permettre au chiot de trouver la mamelle (« réflexe de fouissement »). Né sourd et aveugle, le chiot ne s’oriente que grâce à des informations tactiles et olfactives. Il est attiré par la chaleur –on parle de thermotactisme positif- et cherche à s’enfoncer dans tout élément mou que son museau rencontre. Grâce à ce réflexe de fouissement, le chiot s’insinue dans la chaîne mammaire. Ce repérage est facilité par des informations olfactives et notamment par la reconnaissance d’odeurs à la fois présente dans le liquide amniotique, le colostrum (premier aliment fourni par la mamelle et qui contient des anticorps) et par le lait. Une fois la mamelle atteinte, le chiot la pétrit des deux antérieurs selon un mouvement alternatif qui a pour conséquence d’enclencher l’émission du lait. Le contact du trayon sur les lèvres provoque une succion qui correspond à la mise en œuvre d’un des réflexes primaires les mieux connus :  «  le réflexe labial » . A cet âge on n’observe pas d’attachement du chiot à une mamelle précise.

Les possibilités motrices du chiot sont encore limitées. Il ne peut se dresser sur ses membres, c’est la reptation qui constitue le seul mode de locomotion possible. Les membres antérieurs acquièrent les premiers un tonus suffisant vers le 10 e jour, tandis que les membres postérieurs n’ont la capacité de supporter le poids du corps qu’à partir de la fin de la deuxième semaine. Entre ces deux dates, le chiot donne l’impression de tracter son arrière main encore non fonctionnel. Dès qu’il se trouve éloigné du contact du reste de la nichée, le chiot nouveau né présente un état d’agitation très marqué, associé à l’émission de vocalises qui ne cessent qu’avec la reprise du contact. Lorsque la mère perçoit ces gémissements elle se dirige vers le chiot et le ramène au milieu de la portée.

La chienne pendant les deux premières semaines passe l’essentiel de son temps avec les chiots couchés contre elle. Ce contact semble mutuellement apaisant , on constate en effet qu’aux environs du 14 e jour; la suppression du contact entre la mère et les chiots provoque une agitation de l’ensemble de la portée. En revanche, les chiots peuvent rester calmes si on dispose une source de chaleur artificielle à la place de la chienne. Celle-ci reste passive durant les tétées, mais elle peut aussi ramener un chiot égaré en le poussant du nez. Elle devient surtout active à la fin de leur repas. Elle retourne les chiots et les toilette. Durant ces soins, elle stimule la région périnéale de ses petits, déclenchant l’émission des urines et des selles qu’elle ingère. Ce réflexe primaire indispensable en l’absence d’autonomie neurovégétative est le «  réflexe périnéal. »  L’ensemble du corps du chiot est ainsi léché, ce qui contribue aussi à la maturation tactile du chiot en variant les stimuli. La toilette est suivie par un nouveau regroupement des chiots qui s’endorment.

 

Les chiots nouveaux nés sont sourds, aveugles. Leur orientation dans l’espace est largement dominée par des repères tactiles complétés par des repères gustatifs. La sensibilité tactile est bien développée, elle permet au chiot de recueillir aussi bien des informations concernant la texture, le relief grossier ou fin, mais aussi la température de son environnement. Rappelons, en effet, qu’il existe un thermotactisme positif utile à l’orientation mais surtout indispensable pour la recherche des sources de chaleur qui sont seules en mesure de stabiliser la température corporelle du chiot. Le nouveau né est incapable de maintenir sa température. Le sens gustatif est déjà bien développé à la naissance. Les réponses aux saveurs élémentaires sont déjà présentes. Des expériences simples ont montré que l’application de substances sucrées sur la muqueuse buccale entraîne un mouvement de succion et de déglutition, tandis que l’application d’une substance amère (quinine) provoque des plissements de la face avec extériorisation de langue et salivation.

 

La période néonatale est une phase de myélinisation des trajets nerveux. Le système nerveux du chiot nouveau né est encore en cours de développement : c’est un système largement immature, le cortex cérébral n’est pas entièrement formé, la moelle épinière n’est pas encore fonctionnelle. Ainsi la locomotion est réduite à une simple reptation, le chiot ne peut se soulever sur ses quatre membres et ne peut adopter les allures de déplacement qu’il développera plus tard  car son système nerveux ne possède à ce moment ni la capacité de commander les muscles des membres du rachis, ni celle de coordonner leur activité. De même, les nerfs qui contrôlent les sphincters vésical et anal ne sont pas myélinisés, et les connexions pas totalement établies. Le nouveau né ne peut ni uriner lui-même ni éliminer ses selles, c’est la mère qui déclenche les éliminations en léchant la région périnéale.

Durant l’embryogenèse,  les connexions nerveuses se sont développées sous l’influence de deux facteurs principaux qui sont l’expression du programme génétique de croissance et l’interaction avec le milieu environnant. L’environnement agit sur l’établissement des interconnexions neuronales par l’intermédiaire des phénomènes de chimiotactismes des cellules et parmi les facteurs physiques, on retiendra les champs électriques, la gravité et certaines influences chimiques provenant de la mère.

Lorsque le chiot vient au monde, le processus de développement des connexions nerveuses continue mais le rôle des stimuli extérieurs devient prépondérant. Ainsi chez le chiot, le phénomène de maturation du circuit neuronal est à l’oeuvre durant la vie fœtale et les premières semaines après la naissance. La variété et la qualité de l’environnement dans lequel vivent la chienne et les chiots sont déterminantes pour la bonne construction du système nerveux des petits. A l’inverse un environnement carencé en certains éléments (bruits, êtres vivants variés) induira à la formation d’un réseau pauvre générateur d’une capacité d’adaptation plus faible et d’une forte tendance à développer des troubles anxieux. Ainsi seules les synapses qui ont fait l’objet d’une activation fonctionnelle, c’est-à-dire qu’un évènement extérieur ou intérieur a  déjà stimulées, sont maintenues. Ce mécanisme fondamental dans le développement du système nerveux central est appelé «  stabilisation sélective ». Il illustre parfaitement l’interaction entre la programmation génétique et le modelage par l’environnement. Son importance est si grande que les chercheurs ont pu démontrer que le développement de la vision en dépend étroitement. De jeunes animaux élevés dans un environnement artificiel au sein duquel on a accentué les lignes verticales s’avèrent incapables une fois adultes de voir les formes horizontales. L’examen de la structure de leur système nerveux apporte une explication évidente à ce phénomène : les neurones impliqués dans la transmission de cette information ne sont pas interconnectés, l’information ne circule donc pas, et le cerveau ne peut analyser celle fournie par l’œil. D’autres études ont montré que les mammifères nouveau-nés maintenus dans un environnement sans bruits, dans l’obscurité et avec de très faibles stimulations tactiles ont un cortex cérébral moins épais que celui des petits qui se sont développés dans un milieu stimulant.

La période néonatale est pour la mère, le moment où se développe pleinement l’attachement aux chiots. Cela signifie qu’à partir de ce moment tout ce qui limite les contacts entre la chienne et ses petits déclenche un état de détresse profonde. Même s’il est parfois possible de faire adopter d’autres chiots par une femelle, l’attachement est spécifique : seuls ses propres chiots peuvent l’apaiser. A cette époque l’attachement n’est pas encore réciproque. Les chiots recherchent simplement un objet chaud, mou, contenant du lait. N’importe quelle chienne allaitante peut les satisfaire. Les relations entre les chiots et la mère vont pouvoir se développer à partir du moment où ils auront complété leur équipement sensoriel. C’est ce qui va se produire pendant la période de transition.

 

3 – La période de transition : Elle débute avec l’ouverture des yeux des chiots et s’achève avec l’apparition de l’audition matérialisée par un « réflexe de sursautement  ». La période de transition apparaît donc comme la dernière étape du développement du cortex cérébral.

Il y a acquisition des derniers éléments sensoriels nécessaires à une vie de relation optimale. Lors de l’ouverture des yeux, le réflexe pupillaire est encore lent, il devient parfaitement fonctionnel au bout de quelques jours. Petit à petit, la vision modifie le mode d’orientation du chiot. Le sens tactile perd sa prééminence, ce qui conduit à la disparition de nombreux réflexes primaires, comme le réflexe de fouissement ou le réflexe labial.

Le rythme de vie des chiots est largement modifié, notamment pour l’alternance veille-sommeil. Le sommeil est encore très important, mais il n’occupe plus que 65 à 70 % du temps. Son organisation même est remaniée puisque le sommeil paradoxal ne représente plus que 50 % du temps de sommeil.

Durant les périodes de veille, le chiot ne se limite plus à la tétée, un comportement exploratoire s’ébauche. Le chiot se dirige grâce à des informations visuelles mais aussi en flairant et en léchant. Bien que ses yeux lui permettent de s’orienter, certains éléments fonctionnels manquent encore. Le chiot est encore sourd, mais il commence à produire des vocalises plus variées. Il émet les premiers grognements et aboiements. Lorsque la période de transition s’achève, le cortex temporal voit son développement se terminer et l’audition devient fonctionnelle. Le « réflexe de sursautement «  permet de repérer ce moment.

La période de transition ne se limite pas à la seule acquisition des derniers éléments sensoriels, c’est surtout le moment où le chiot va s’attacher à sa mère et commencer à subir le processus d’imprégnation. Les nouveaux équipements sensoriels du chiot vont lui permettre de recueillir de nouvelles informations sur sa mère. Il mémorise progressivement une forme corporelle, des odeurs, puis des caractéristiques sonores qui vont construire une image spécifique de celle-ci. Désormais, c’est cette seule chienne qui sera l’objet rassurant. Elle est seule capable d’apaiser les chiots, elle devient le repère rassurant autour duquel le comportement exploratoire va se développer. C’est aussi contre elle que le sommeil peut survenir pour tous les chiots rassemblés en tas. L’attachement est donc devenu réciproque, toute tentative pour empêcher le contact déclenche un état de détresse qui s’exprime par de l’agitation et l’émission de vocalises par la mère et ses chiots. Si la séparation est maintenue, des troubles du sommeil et de l’anorexie ne tardent pas à s’installer.

L’attachement semble le corollaire au bon déroulement de l’imprégnation. Le chiot reconnaîtra un autre chien comme faisant partie de son espèce. Les conséquences de l’imprégnation sont essentielles puisque cet apprentissage si particulier est à l’origine de l’identification de semblable, c’est-à-dire du partenaire social et sexuel. La durée de cette période paraît extrêmement variable selon les espèces. Ainsi chez le canard, l’empreinte se réalise entre la treizième et la seizième heure après l’éclosion.  Dans l’espèce canine, l’imprégnation est plus longue et plus lente et semble commencer durant la période de transition et s’achever aux alentours du 4e mois. Cependant, cette limite n’est pas absolue. Des chiots élevés à l’écart de leurs congénères ont en effet pu récupérer un comportement social et sexuel normal à l’issue d’une réintroduction réalisée entre la 9 e et la 16 e semaine. On constate cependant que seuls les chiots qui ont pu s’attacher et s’imprégner quelle que soit l’espèce à laquelle appartient l’être d’attachement parviennent à récupérer. Ainsi les Chihuahuas élevés au milieu de chats parviennent à s’intégrer à une meute en quelques jours. A l’opposé un chiot élevé en isolement total et incapable d’interagir dans une meute. De même des chiots élevés en isolement, séparés précocement de leur mère, puis réintroduits dans une meute éprouvent les plus grandes difficultés à interagir avec leurs congénères. Mais un chiot, coupé de tout contact avec son espèce mais  pris en charge par un étudiant avec lequel il lia une relation affective, peut reprendre plus facilement le contact avec une meute.  En conclusion, un chiot qui a pu nouer une relation affective avec un autre être vivant, même d’une espèce différente peut ensuite développer un comportement normal. Cette relation particulière  qui s’instaure entre le jeune et un autre individu protecteur est appelée «  lien d’attachement ».

L’identification de l’être d’attachement va organiser tout le comportement exploratoire du chiot. De fait, ce phénomène survient au moment où le chien commence à s’éloigner du nid. Cette prise d’autonomie indispensable au bon développement du réseau neuronal place le chiot dans des situations dangereuses et stressantes. Le lien d’attachement par sa force, le maintient dans un périmètre gérable par la mère et lui permet de revenir promptement s’apaiser après une forte charge émotionnelle.

La relation qui s’est établit entre le jeune et sa mère les réunit dans une sorte « de bulle apaisante » et apporte au chiot la figure de référence sur laquelle se réalise l’empreinte. En l’absence de lien d’attachement, il semble que l’imprégnation  ne connaisse pas son plein développement et que le jeune reste incapable de produire des comportements sociaux puis sexuels qui lui permettront de s’insérer efficacement dans une meute.

A la fin de la période de transition, le chiot a acquis les compétences sensorielles et motrices qui vont lui permettre d’acquérir les comportements complexes qu’implique la vie en meute.

 

Par  Isabelle Mériot Séminaire de la S.F.C. MARCY L ETOILE

Passionnée par la communication inter-espèces, cela fait maintenant plusieurs années que je me documente sur le sujet et que j’observe attentivement mes chiens et mes contemporains ! En m’appuyant sur les travaux de Boris CYRULNIK (neurologue, psychiatre, psychanalyse, éthologue), je voudrais vous faire partager une de ces approches du couple humain/chien.

  Qui n’a jamais entendu l’expression « tel maître tel chien ? » CYRULNIK écrit « l’animal de compagnie » est un symptôme de pathologie psychiatrique. Dès l’instant qu’on tisse des liens d’attachement entre humains et animaux, chacun peut devenir le symptôme de l’autre. Et comme c’est le propriétaire qui a le monde mental le plus riche, il l’exprime souvent à son insu et cela façonne une partie du comportement de l’animal. C’est ainsi que les animaux de compagnie deviennent des symptômes des troubles psychiatriques dont peuvent souffrir les propriétaires. Chaque propriétaire de chien devrait toujours avoir cela à l’esprit car ils sont sensibles aux moindre de nos humeurs et de nos comportements. Quand un chien développe une pathologie (alimentaire, dermatologique, gastrique, etc.) bien que la cause puisse n’en être qu’organique, je crois que vous devez toujours vous demander si un facteur psychologique n’entre pas en jeu et surtout ne provient pas de nous.

  Je pense que nous façonnons le comportement de nos chiens et ce bien souvent à notre insu. Je suis bavarde et mes chiens aussi ! de la même manière je suis très sereine et mes dobermans ainsi que mes autres chiens sont particulièrement calmes. Tout propriétaire de chien est capable de dire en quoi son ou ses chiens lui ressemblent. Dans un entretien à une radio québécoise entre Karine Lou Matignon et Boris CYRULNIK, il ressort que les éthologues cliniciens et les vétérinaires ont fait le constat que la pensée du propriétaire peut façonner le comportement et le développement biologique du chien. Certaines personnes attendent que le chien défende la maison. Ils développent une peur relative de l’environnement qui va être perçu par l’animal. Face à cette émotion enregistrée par différents canaux, le chien va adopter une attitude menaçante que les propriétaires vont analyser comme un comportement de défense de la maison. Ce n’est pas de la transmission de pensée, c’est de la matérialisation de pensée. Dans certaines pathologies comme les maladies maniaco-dépressives, où les gens sont tantôt euphoriques tantôt mélancoliques, jusqu’à se sentir responsable de toutes les plaies du monde, on voit que le chien s’adapte impeccablement à l’humeur du propriétaire. Quand le propriétaire est gai, il va se mettre à aboyer, gambader, quand il est triste, le chien ne bouge pas, il se met à trembler.

  Le chien qui vit dans un monde de sympathie est hypersensible au moindre indice émis par le corps du propriétaire adoré. C’est donc bien une matérialisation de la pensée humaine transmise au chien qui façonne ce dernier.  Les vétérinaires montrent chez des chiens, des troubles d’hypertension, d’ulcères hémorragiques gastriques, de dermatoses suppurantes…..de graves maladies dont le point de départ se situe dans la pensée du propriétaire. On rencontre souvent le cas d’un chien choisi pour remplacer le précédent décédé. De même couleur, de même race, on lui attribue la même place à la maison, parfois à l’identique. Que se passe-t-il ? l’animal souffre de la comparaison affective de son propriétaire avec le disparu au point de tomber malade. Comment peut-il en effet se sentir valorisé ? Quoi qu’il fasse, il est moins beau que l’absent, moins performant, sans cesse comparé au disparu idéalisé. Il et bien connu que seuls les morts commettent aucune faute. L’histoire du propriétaire et la représentation mentale qu’il a de son chien transmettent à l’animal des signaux contradictoires, incohérents. Il devient impossible pour lui de trouver et d’utiliser un comportement clair avec son maître. Ces émotions vont fabriquer des troubles métaboliques et, à long terme des maladies organiques ou des comportements altérés. Un symptôme est une proposition de communication, le chien se lèche la patte jusqu’au sang, se réfugie derrière un meuble, présente des troubles sphinctériens gastrites, une hyper vigilance avec tremblements, etc. la guérison du chien passe par une restructuration de l’imaginaire du propriétaire qui doit faire le deuil de premier chien et envisager le second comme différent.

  Je suis intimement convaincue que notre imaginaire concourt réellement à l’état de nos chiens. Je vais vous raconter une anecdote personnelle : quand j’ai commencé à appeler mon husky de 6 ans « le vieux » , il l’est devenu ! Quand je me suis aperçue de cela, ce qui m’a demandé de nombreux mois, j’ai fait un effort mental pour essayer de modifier la perception que j’avais de mon chien et son état s’est grandement amélioré. Sa nourriture n’avait pas changée, son environnement non plus, mais à 9 ans il est maintenant en pleine forme.

 Certes une telle prise de conscience peut être culpabilisante : toute maladie est-elle de notre faute ? sans tomber dans l’extrême et s’auto accuser de tout, il serait bon que chaque propriétaire de chien pense qu’un animal peut souffrir d’une situation uniquement humaine. Et que quand une pathologie reste rebelle à un traitement on peut se demander dans quelle mesure elle ne reflète pas un conflit, un mal être, un problème du maître.

  Toutes les interviews des Tops Models le disent à longueur de colonnes : certes elles sont belles, mais ce n’est pas suffisant pour arriver au pinacle de la célébrité. Ce qui fait la différence entre elles et les autres ce n’est pas le physique ( à peu de choses près elles sont toutes parfaites) mais c’est le mental. Les Tops pensent qu’elles sont les plus belles. Elles y croient ! Et cette foi en persuade les autres. Pour qu’un chien ait de la présence sur un ring d’expo on dit souvent qu’il faut qu’il soit cabochard et cabotin (certains vont même jusqu’à employer le terme de névrosé), et c’est vrai. Je l’ai constaté de nombreuses fois. Le chien aime être là, il pose et semble goûter la présence de la foule et les compliments. Mais j’ai aussi remarqué que le maître du chien aimait qu’il ait ce comportement là, j’ai toujours ressenti une synergie entre l’humain et son chien. Celui qui ne croit pas en son chien, ne peut demander à ce dernier de croire en lui-même et donc de se présenter fièrement.

  En résumé, et bien que mon propos puisse vous sembler étrange, votre chien qu’il soit d’utilité ou de simple compagnie, vit autant dans votre imaginaire que dans votre jardin. La pensée que vous avez à son égard le construit, le façonne et influe directement sur sa vie. Plus un chien est sensible et plus il va jouer les « éponges » inconscientes auprès de son maître se chargeant de ses névroses. Je ne parle même pas de l’idée que le propriétaire a de la race à laquelle appartient son chien et des attentes qu’il peut avoir vis-à-vis de l’animal qui dans notre société est devenu un véritable délégué narcissique ! Un chien que l’on a longtemps attendu, et qu’on s’est bien souvent représenté, se projetant dans l’avenir et imaginant la relation que l’on va avoir avec lui. Mais le chiot qui ne sait rien de tout cela va se retrouver lancé dans un monde inconnu, et il va très vite devoir comprendre ce que l’on attend de lui et quel rôle sera le sien. Rien de si simple, d’autant que l’on considère que parfois le maître lui-même n’a pas conscience de tout ce qu’ il demande à son chien.

  Quant au chien de travail, si le travail de l’éleveur est primordial ainsi que les ascendances génétiques, c’est le maître de l’animal qui conditionne ce dernier au travers de la représentation qu’il en a et ce, au-delà de ce qu’il imagine, et qui est le véritable artisan de la qualité relationnelle entre son animal et lui. 

 Isabelle Mériot Séminaire de la S.F.C à MARCY l’ETOILE 

   Diverses recherches tendent à prouver que la domestication du chien remonterait à environ 12 à 14.000 ans (d’autres recherches parlent même de 100.000 ans), le chien serait donc le premier animal à avoir été domestiqué. Dans le but de lui faire exécuter des tâches bien spécifiques, l’humain a peu à peu substitué à la sélection naturelle une sélection artificielle. Pendant bien longtemps, le chien a surtout joué un rôle utilitaire (garde des troupeaux ou des biens, chasse, guerre). Cependant depuis la fin du XIX e siècle, le rôle du chien s’est modifié ; d’animal utilitaire, il a conquis peu à peu le statut d’animal de compagnie. Il est actuellement le plus souvent considéré, sous nos latitudes tout au moins, comme un membre à part entière de la famille. Sa tâche ne s’en trouve pas facilitée pour autant, puisque l’on attend de lui qu’il remplisse différents rôles simultanés– allant de celui de gardien de la maison, à celui de substitut de l’enfant, en passant par celui ‘d’objet de prestige-, rôles auxquels il lui est parfois difficile de s’adapter. 

Bien qu’il soit impossible de quantifier de manière rigoureuse les bienfaits que le chien (ou un autre animal) apporte aux humains qui le côtoient, tous ceux qui l’intègrent dans leurs tâches quotidiennes, qu’ils soient psychologues, psychothérapeutes, médecins, infirmiers, gardiens de prison, etc. admettent que sa présence est un facteur positif et souvent même, très positif. Elle a même parfois permis de débloquer de situations qui paraissaient sans issue. En ce qui concerne le bien être en général, la plupart des recherches mettent en évidence qu’il est souvent plus facile d’enter en contact avec un animal qu’avec ses semblables. En effet, l’animal ne nous juge pas, il nous accepte tels que nous sommes, avec nos sautes d’humeur, nos moments de cafard, nos maladies, etc.….Il se montre moins exigent que nos semblables et se contente du peu que nous lui offrons, sans pour autant remettre en question l’intérêt qu’il nous porte, ce qui n’est pas toujours le cas pour nos amis bipèdes. Face à lui, l’humain ne se sent pas obligé de jouer la comédie, car il n’établit pas de relations de compétition avec lui. Alors que les enfants grandissent et quittent peu à peu le foyer familial alors que les amis peuvent se détourner de nous, l’animal reste là, présent à nos côtés, semblant attendre notre bon vouloir.

 Les chiens sont très observateurs, ils détectent rapidement tous nos changements de comportement, mêm minimes, et y réagissent en conséquence.. Ils nous donnent en quelque sorte l’impression de participer à nos émotions et de ce fait, leur seule présence nous apporte un grand réconfort, surtout lorsque la vie ne nous sourit pas. Les enfants doivent le ressentir puisque beaucoup d’entre eux se tournent spontanément vers leur compagnon à quatre pattes pour se réassurer quand ils se trouent des situations de stress. Le canidé facilite aussi le jeu, pousse ses petits maîtres à explorer les environs et à prendre un peu d’indépendance, leur fournit le contact physique dont ils ont besoin sans la crainte d’être englués dans des relations émotionnelles indésirables, comme cela peut parfois être le cas avec les humains. Il est également plus facile pour l’enfant de projeter certains de ses sentiments sur un animal que sur un être humain.

 Les animaux en général et le chien en particulier nous apportent le sentiment d’être utiles ; ils ont en effet besoin de nous, ne serait-ce que pour manger, sortir, être caressés. Devoir tenir compte des besoins élémentaires de l’animal peut, en lui même être bénéfique par le simple fait qu’on est obligé de structurer ses journées, de se poser des jalons. Ce qui peut paraître sans importance pour des personnes actives peut être primordial pour des êtres qui traversent des périodes difficiles. A l’heure de la retraite, de la mise au chômage, il est souvent pénible de se retrouver seul, face à un agenda vide alors que quelques mois plut tôt, on n’arrivait pas à faire face à toutes ses obligations. Le chien va aider à trouver un autre but : plus question de rester en pyjama du matin au soir, il faut sortir Médor, aller s’oxygéner….

 En avant donc pour la promenade. Et c’est là que la suite des événements se déclenche : étant un animal social, notre canidé domestique va rechercher le contact de ses congénères et se faire tout plein de copains ! Par la force des choses, il va inciter son propriétaire à entrer en contact avec d’autres humains, ne serait-ce que pour parler des prouesses respectives de leurs petits compagnons ! Une fois le chapitre « chien » clos, la conversation va tout naturellement dévier sur d’autres sujets. Entre gens soumis à une même passion, on est forcément fait pour s’entendre ; l’amitié ne va pas tarder à pointer le bout de son nez. En fait, la seule présence du chien semble faire tomber bien des barrières, d’autant plus que devoir communiquer avec un membre d’une autre espèce qui ne comprend pas réellement le langage parlé nous oblige à utiliser d’autres canaux de communication, ce qui parallèlement augmente nos aptitudes à communiquer avec nos semblables.

  La possession d’un animal a une incidence très favorable et très rapide sur le bien être. On a, par exemple,  pu observer qu’en cas de maladie, la présence d’un animal contribuait non seulement à hâter la convalescence de ses propriétaires, mais également à augmenter leur espérance de vie et qu’elle incitait les personnes âgées à rester indépendantes plus longtemps. Des effets bénéfiques ont été constatés même dans le cas où l’animal ne prenait pas une part active à la relation. La présence d’un chien dans une salle d’expérimentation détend l’atmosphère et fait diminuer le stress ; la simple représentation d’un animal semble même suffisante pour que la situation dans laquelle il se trouve intégré prenne une connotation plus positive. Les bienfaits apportés par l’animal se trouvent encore grandement amplifiés lorsqu’il s’agit d’humains fragilisés (maladie psychiatrique, emprisonnement, période de déstabilisation). Par sa seule présence, l’animal aide à créer ou à maintenir un dialogue non seulement entre l’équipe soignante et le patient, mais également entre les patients eux-mêmes.

 Au vue de tous ces résultats, il serait absurde de dénigrer les relations que nous entretenons avec nos animaux familiers, puisqu’ils nous apportent un plus dans la vie de tous les jours. Le lien qui unit l’homme et l’animal doit être considéré comme une relation complète, tout en étant différente de celle qui unit deux humains.Malheureusement, l’animal prend parfois une place tellement importante dans la famille que l’on en vient à occulter la notion de différences interspécifiques. Or, à vouloir le traiter à l’égal d’un humain, on oublie qu’il a ses propres codes de vie, différents de nos codes moraux et qu’il n’interprète pas les situations dans lesquelles il est placé de la même manière que nous. En ce qui concerne le chien dont nous allons parler plus en détail, refuser de reconnaître qu’il est resté dans sa nature même un carnivore social, c’et ben souvent le placer dans un état de mal être qui peut se solder par toutes sortes de problèmes comportementaux qui non seulement empoisonnent la relation entre le chien et ses maîtres, mais peuvent également à conduire à l’abandon de l’animal voire à se mise à mort. En Amérique, chaque année entre 7;et 11 millions de chiens sont euthanasies dans les refuges ; or , l’on estime qu’entre 50 et 70 % d’entre eux le sont à cause de problèmes comportementaux, dont la plupart pourraient être améliorés, voire éradiqués. Comment peut on expliquer un tel malentendu entre l’humain et celui qu’on a l’habitude de surnommer son meilleur ami ? Bien qu’il vive en étroite relation avec nous, le chien a gardé de son ancêtre le loup des très nombreux comportements. De récentes recherches portant sur l’analyse des séquences mito-chondriales de l’ADN ont d’ailleurs mis en évidence que loup et chien étaient encore si proches qu’ils en formaient en réalité qu’une seule et même espèce !

  Le chien, tout comme le loup, est en quelque sorte préprogrammé pour vivre en meute selon un système hiérarchique, comprenant deux hiérarchies parallèles : celles des mâles et celles des femelles. Socialisé aux humains dès son plus jeune page, notre compagnon à quatre pattes a tendance à considérer ces derniers comme des congénères ; il va donc s’intégrer à sa famille humaine comme il ferait s’il s’agissait d’une meute de canidés. Qui dit intégration dit recherche d’une place bien définie dans la hiérarchie. Or, contrairement à ce que la plupart des humains s’imaginent, le chef de meute n’est pas ans cesse en train de réaffirmer son autorité par la force ; sinon comment expliquer qu’il arrive relativement souvent qu’un chien de petite taille s’octroie le commandement suprême  face a des congénères beaucoup plus gros que lui ?

 La première caractéristique d’un chef de meute est donc moins la force physique que le tempérament, une certaine force de caractère. S’il utilise parfois son agressivité pour soumettre les récalcitrants, le leader est la plupart du temps la référence vers laquelle les autres membres de la meure se tournent lorsqu’ils ne savent pas comment agir. Les membres occupant une position inférieure lui font très souvent allégeance en adoptant une attitude de soumission. Aux chefs de meute ( le mâle et la femelle alpha) sont dévolues de très importantes charges notamment l’organisation de tous déplacements et la défense du territoire. En contrepartie, les leaders bénéficient de privilèges plus ou moins marqués en fonction des conditions écologiques dans lesquelles ils vivent, et ne reçoivent d’ordres de personne. En cas de disette, ce sont les chefs sui se nourrissent en premier; ce sont eux qui choissent les meilleures places de repos, n’hésitant pas à faire déplacer un congénère dont ils convoitent l’emplacement. Chez les loups, les animaux en haut de l’échelle sociale ont également un rôle prioritaire dans la reproduction.

 Dans la meute, chacun communique sa place respective par toutes sortes de postures et de mimiques. Lorsque les chefs sont reconnus en tant que tels, ils jouent un rôle stabilisateur et les conflits sont relativement rares ; c’est la remise en question de leur statut qui augmente à la fois le nombre et la violence des conflits, conflits pouvant alors se solder par de graves blessures. Intégré dans la famille humaine, le chien devrait logiquement être placé tout en bas de l’échelle sociale puisqu’en principe (mais on peut parfois en douter) ce sont nos semblables qui prennent les décisions ; c’est d’ailleurs la seule manière pour lui de sentir bien dans ses poils. Or, ce n’est pas en lui faisant toutes sortes de discours, mais en agissant selon les codes canins que l’on va montrer au chien se place de subordonné.Le chef de meute ne reçoit, nous l’avons vu, d’ordres de personne, mais en sollicitant sans cesse des caresses, des friandises, des jeux, Médor est passé « maître es dressage humain », alors que lui n’obéit que lorsque cela lui plaît.

 En lui distribuant sa pitance juste avant notre repas, en partageant ce dernier avec lui, en lui permettant d’occuper les places réservées au chef, que ce soit le lit ou les canapés, en le contournant lorsqu’il est couché sur notre passage, on lui accorde des privilèges réservés au chef. Bien entendu, beaucoup de chiens ne semblent pas affectés par le non respect de leurs codes vie, heureusement pour nous ! Cependant, si le chien a du tempérament ou s’il est de nature anxieuse, les ennuis peuvent commencer. Le problème devient plus grave lorsque notre compagnon à quatre pattes traduit son mal être par toutes sortes perturbations comportementales ou exige d’être obéi sous peine de sanctions, menaces ou morsures (comportements inadmissibles aux yeux des humains, mais néanmoins corrects si l’on se réfère aux codes du chien). Tout problème de comportement devrait nous mettre en garde afin de pouvoir agir avant que la situation ne se dégrade et que le maître, à bout de patience, ne se résolve, parfois la mort dans l’âme, à se séparer de l’animal. Une autre incompréhension de comportement canin peut voir des conséquences plus graves pouvant déboucher sur des morsures infligées aux enfants de la famille. Ces passages à l’acte sont bien plus fréquents que l’on voudrait bien l’admettre et se soldent par de graves traumatismes, aussi bien physiques que psychologiques, pour l’enfant, et dans la plupart des cas par la mise à mort de l’animal. Une enquête faite en Pennsylvanie montre, par exemple, que 45 % des enfants au-dessous de 18 ans se sont fait mordre ; même si la majorité de ces blessures n’a pas nécessité de soins spécifiques, le pourcentage est énorme. D’autres enquêtes mettent en évidence le nombre important de morsures d’enfants entre 1 et 4 ans ; il faut également savoir qu’avant 5 ans, l’atteinte la plus fréquente se fait au niveau du visage et qu’un accident sur trois a lieu à la maison. Il s’agit donc très souvent de morsures faites par le chien de la famille.

 La majorité des parents dont les enfant ont été mordus par leur chien pensaient pourtant que ce dernier n’aurait jamais fait de mal. Il est donc impératif de rappeler que tout chien reste un chien, avec son comportement de chien, mais avec ces codes canins et que les accidents sont le fait de toutes les races, de la plus petite à la plus grande, de celle qui est considérée comme étant gentille à celle qui a la réputation d’être très agressive. Il ne s’agit pas à proprement parler de méchanceté du chien : là encore, ce dernier réagit en fonction de la situation telle qu’il voit (et non telle que nous l‘analysons) et en fonction de ses codes qui ne correspondent à nos codes moraux. Pour comprendre les relations entre le chien et les jeunes enfants de la famille, nous sommes obligés de nous référer aux relations que la chienne entretient avec ses propres rejetons, ainsi qu’aux relations entres chiens adultes et les chiots de la meute.

  Avant leur maturité sexuelle, les chiots ont un statut à part. Bien que leur mère et les adultes de la meute se montrent relativement patients envers eux, ils commencent cependant rapidement à leur inculquer les codes canins. Si les chiots n’obtempèrent pas, ils n’hésitent pas à les menacer en les fixant ou en les grondant ; si la menace n’est pas suffisante, ils ont recours à une morsure inhibée du museau. Ce comportement provoque très souvent la soumission passive du chiot et son immobilisation, ce qui pour corollaire l’arrêt instantané de toute agressivité. Plus le chiot grandit, plus il est discipliné. Les chiots vont établir également entre eux des relations hiérarchiques, mais de manière moins rigide, avec de nombreux changements selon les jours, leur motivation ou la nature de l’enjeu. Les enfants de la famille étant considérés plus ou moins comme des chiots ; ils sont donc traités comme tels par le chien. Malheureusement, l’enfant n’est pas capable de comprendre les codes canins et d’y réagir en conséquence. Dans la plupart des cas, c’est parce que l’enfant transgresse de tels codes qu des accidents arrivent. Une enquête effectuée par Millot et ses collègues –au cours de laquelle ont été filmées les relations spontanées dans le milieu familial entre des enfants âgés de 2 à 5 ans et le chien de la famille en présence d’un membre adulte de cette dernière-permet de décoder ce qui se passe. On doit surtout reteni r qu’avant 3-4 ans, dans 67 % des relations, l’enfant entre en contact corporel avec son chien : il pose la main sur lui, le caresse, lui donner des coups, lui tire les poils, l’embrasse, le serre contre lui, ce qui ne doit pas toujours être du goût de l’animal… Cette étude met également en évidence le fait que plus l’enfant est jeune, plus il a tendance à se montrer agressif envers l’animal et que les chiens de petite taille ou les jeunes chiens reçoivent plus de comportement agressifs de la part de l’enfant que les autres.

 Si ce que le chien considère comme un mauvais traitement persiste, le canidé a souvent tendance à rechercher un coin tranquille. Or, dans la majorité des cas, non seulement l’enfant le poursuit, mais encore continue son activité déplaisante. Pour avoir la paix, le chien peut lors réagir par une menace, menace qui aurait de fortes chances de faire reculer un chiot, mais qui peut  encourager l’enfant à persévérer. Le chien sera tout naturellement amené à préciser sa menace en effectuant une morsure inhibée sur l’enfant. Or bien qu’elle soit inhibée une telle morsure peut faire des dégâts importants, puisque le petit humain est plus fragile que le chiot et que c’est bien souvent la visage qui, étant le plus proche du canidé, est visé. De plus, comme l’enfant n’adopte pas le rituel de soumission passive, mais qu’au contraire, il crie et se débat, le chien peut être amené à serrer un peu plus la pression de ses mâchoires.

  Alors, que faire ? Il serait tout à fait erroné de priver l’enfant de la présence du chien, puisque cette dernière est un facteur très positif dans son développement. Cependant, pour que tout se passe bien, il faut impérativement respecter certaines règles de conduites. Il convient tout d’abord de donner au chien une position subalterne et renforcer la position de l’enfant en accordant certains privilèges à ce dernier. Il faut, par exemple, interdire au chien l’accès des chambres à coucher. Il est aussi important, déjà avant la naissance du bébé, de diminuer peu à peu l’attention portée à l’animal, puisqu’on aura beaucoup moins de temps à lui consacrer par la suite. Présenter le bébé au chien à l’extérieur. Afin de donner une connotation positive à l’enfant, il convient d’associer le plus possible le chien aux activité  que l’on fait avec lui. alors que la plupart des parents font l’inverse, il est préférable d’ignorer l’animal quand bébé dort.

Ne jamais laisser un jeune enfant (même s’il se trouve dans sa poussette) seul avec un chien, et ceci ,même pour un court instant ; augmenter encore sa vigilance lors de réunions d’enfants : un chien peut accepter certains gestes de la part de ses petits maîtres, mais ne pas les tolérer de la part de leurs copains.

Attribuer au chien en endroit sûr dans lequel il puisse se retirer quand il désire avoir la paix et interdire à l’enfant de le déranger ; lui interdire également de s’approcher du chien quand il mange ou dort, quel que soit l’endroit.

Choisir un chien bien socialisé aux enfants dès son plus jeune âge permet d’éviter la plupart des morsures provoquées par la peur.

Apprendre aux enfants à ne jamais s’approcher d’un chien inconnu (d’autant s’il est attaché), à éviter de la fixer dans les yeux ( cela peut être interprété comme une menace par le chien), à ne pas courir ou crier en sa présence et surtout à je jamais l’embêter, même s’il se trouve dans un enclos ou derrière une barrière.

En résumé, le chien est un être merveilleux qui peut nous apporter beaucoup et représenter un plus dans notre vie. Pour que tout se passe bien, il est  cependant indispensable de connaître et surtout de respecter ses codes de vie. Posséder un animal n’est pas un droit mais un privilège, à nous de le mériter.

 Des règles d’or

 Il faut toujours demander la permission au propriétaire du chien pour le caresser.

Ne jamais s’approcher d’un animal attaché et ne jamais déranger un chien qui dort, qui mange ou qui se repose dans son panier.

S’il y a attaque et que l’enfant tombe, il doit se mettre en boule, face contre terre, le visage et la nuque seront protégés par le bras. Le reste du corps bien arrondi préservera le dos et les pieds doivent être repliés sous le derrière. Cela s’appelle la position de la tortue.

Un enfant ne doit jamais rester seul avec animal et ne doit pas séparer deux chiens qui se bagarrent.

L’enfant ne doit jamais frapper, punir ou être brusque envers le toutou ou jouer à l’exciter.

L’enfant doit s’arrêter de courir et de marcher normalement quand il croise un chien attaché ou non

 

  UNE HISTOIRE TRISTE
Je ne me souviens plus de l’endroit où je suis née. C’était un endroit triste et sombre et on n’avait aucun contact avec l’homme. Je me souviens de ma mère et de son doux pelage, mais elle était souvent malade et elle était très maigre. Elle n’avait presque pas de lait pour moi et pour mes frères et sœurs. Je me rappelle que beaucoup sont morts et ils me manquaient.

    Je me rappelle comme si c’était hier, du jour où l’on ma séparée de ma mère. J’étais si triste et j’avais si peur, mes dents de lait commençaient à percer. En fait, j’aurai encore dû rester près de ma mère, mais elle était si malade. Et puis, les humains répétaient continuellement qu’ils avaient besoin d’argent et qu’ils en avaient assez de nettoyer les saletés de ma petite sœur et de moi. Nous avons été mises en cage et changées d’endroit. Rien que nous deux. Nous nous sommes blotties l’une contre l’autre. Nous avion si peur. Personne nous caressait.

     Tant de choses à voir, tant de bruits, tant d’odeurs. On nous a amenées dans un magasin où il y avait plein d’animaux. Certains miaulaient ! Certains piaillaient ! Nous avons été mises dans une petite cage. J’entendais d’autres chiots. Je voyais des gens nous regarder. J’aimais bien les petits des gens, ils me semblaient gentils et amusants. Ils voulaient même jouer avec moi !

    Nous passions des journées entières dans cette petite cage. Parfois des gens bizarres frappaient au carreau et nous faisaient peur. Parfois on nous sortait de la cage pour que des gens nous tiennent ou simplement pour nous regarder. Certains étaient gentils, d’autres nous faisaient mal. Souvent, ils disaient « oh….comme ils sont mignons ! j’en voudrai un ! », mais jamais personne ne nous emmenait.

     Ma petite sœur est morte la nuit dernière ; il faisait noir dans le magasin. J’ai posé la tête sur son doux pelage et je sentais la vie la quitter. J’avais entendu qu’elle était malade et qu’on me vendrait à un prix avantageux pour que je quitte le magasin. Lorsqu’on a sorti le petit corps sans vie de ma petite sœur pour être jeté, j’ai hurlé de douleur.

     Aujourd’hui, une famille m’a achetée ! Quel beau jour. Ils sont gentils, vraiment, ils me voulaient tant ! Ils m’ont acheté une gamelle et de la nourriture et la petite fille me tenait si tendrement dans ses bras. Je l’aime tant. Le monsieur et la dame m’ont dit que j’étais un gentil chiot ! Ils m’ont appelé Angel. J’aime leur donner de petits coups de langue.

     La famille s’occupe bien de moi. Ils sont si gentils et si doux. Ils m’ont appris les bonnes manières. Ils me nourrissent bien et me donnent beaucoup d’amour ! Je ne vis que pour leur faire plaisir. J’aime la petite fille et j’adore jouer et gambader avec elle.

Aujourd’hui je suis allée chez le docteur. Un endroit bizarre et qui me fait peur. J’ai reçu quelques piqûres, mais ma meilleure amie, la petite fille m’a tenue tendrement dans ses bras et m’a dit que tout allait bien. J’étais rassurée. Le vétérinaire a dû dire quelque chose de triste, car ma famille chérie paraissait désemparée. J’ai entendu quelque chose comme dysplasie de la hanche et problème cardiaque. Plus tard, des mots comme « marchands de chiens «  et géniteurs non contrôlés ». Je n’ai rien compris et la tristesse de ma famille m’a fait mal. Mais ils m’aiment toujours et moi aussi je les adore !

     J’ai six mois maintenant. Alors que la plupart des chiots sont forts et robustes et ne pensent qu’à jouer des deux fous, moi, chaque mouvement me fait souffrir atrocement. La douleur ne me quitte jamais. J’ai mal quand je marche et quand je veux jouer avec ma petite amie. J’ai dû mal à respirer. Je fais ce que je peux pour être forte, comme je devrais en principe l’être, mais c’est si difficile. J’ai mal au cœur quand je vois comme elle est triste. Parfois, j’entends le monsieur et la dame dire « peut être le moment est-il venu…. »

     Je vais régulièrement chez le vétérinaire, mais les nouvelles ne sont pas bonnes. Il parle de problèmes héréditaires. Je n’aspire qu’à sentir la chaleur du soleil, jouer, courir et être câlinée par ma famille.

    La nuit dernière la douleur a été intenable. La douleur fait partie intégrante de ma vie, mais maintenant même me relever pour aller boire, me fait souffrir. J’essaye de me relever, mais je ne peux que gémir doucement. On me porte une dernière fois dans la voiture. Tout le monde est si triste et je ne comprends pas. Ai-je été méchante ? Je fais pourtant tout mon possible pour être sage. Qu’est ce que j’ai bien pu faire de mal ? Oh, si seulement cette satanée douleur pouvait cesser. Si seulement je pouvais sécher les larmes de ma petite amie. Je m’étire pour lécher sa main, mais la douleur m’en empêche et hurle de mal.

    La table du vétérinaire est si froide. J’ai si peur. Les gens me caressent et me cajolent et ils pleurent doucement dans mon pelage. Je sens leur amour et leur chagrin.

     J’arrive à leur lécher la main. Même le vétérinaire n’arrive plus à me faire peur. Il est gentil et la douleur est moins forte. La pauvre petite fille me tient tendrement et je la remercie pour tout l’amour qu’elle m’a donné. Je sens une petite piqûre dans ma patte. La douleur commence à me quitter, je me sens apaisée. J’arrive maintenant à donner de petits coups de langue.

Je commence à rêver, je vois ma mère et mes petits frères et sœurs quelque part très loin dans un monde tout vert. Ils me racontent que là bas il n’y a plus de douleur. Il n’y a que joie et bonheur. Je fais des adieux à ma famille de la seule façon que je connaisse, je bats doucement de la queue et je renifle. J’avais espéré rester longtemps avec eux mais le destin en a décidé autrement. J’entends encore le vétérinaire dire : «les chiots vendus dans ces magasins ne viennent pas d’éleveurs consciencieux. ».

 

 

 

Voici une question que l’on me pose souvent et je vais tenter d’y répondre.
–  de la naissance à trois mois : normalement de la naissance au moment où il quitte sa mère, il fait de l’exercice en jouant avec ses frères et sœurs. Quand il arrive chez vous ce type d’exercice doit continuer. Mais comme il se trouve tout  seul, vous devrez jouer avec lui au moyen de jouets en caoutchouc. Les jeux doivent être utilisés à cet âge pour apprendre le rappel. Mais ces périodes de jeu ne doivent pas durer trop longtemps. De courtes périodes trois ou quatre fois par jour sont idéales, juste au moment où le chiot s’éveille et va dehors pour se soulager. Pendant cette phase, le chiot doit être habitué à porter un collier d’abord pendant de courts moments puis de plus en plus longtemps mais ne laisser pas après cette période d’adaptation, le collier des journées entières : les poils du cou finiront pas être complètement aplatis et la marque du collier subsiste même lorsqu’il est enlevé.

– Trois mois à six mois : Les promenades en laisse dans le jardin peuvent commencer. Et dès que le chiot a été vacciné, les promenades à l’extérieur pourront être autorisées. Dans la mesure du possible, il faut trouver des espaces sans danger où le chiot pourra être détaché et pourra s’ébattre en liberté.

Il convient de faire marcher le chiot sur un sol dur qui permettra le durcissement des coussinets et une bonne conformation des pieds de chat et lui gardera les ongles courts. Le chiot qui court et marche sur un sol trop mou, a les pieds qui s’écrasent. Débuter par des promenades de dix minutes pour atteindre une heure décomposée en une demi heure de marche à pied en laisse et une demi heure où il est laissé en liberté. Il faut instaurer une routine, lui donner à manger et le promener à la même heure quoi que vous fassiez et quel que soit le temps. S’il a plu pendant la promenade, il faudra essuyer le chiot ou le chien adulte avec une serviette et le laisser sécher et se reposer au chaud. Ce ou ces promenades doivent être faites avant le repas du chien ou du chiot. Les dalmatiens sont des créatures d’habitude, et la routine à des heures fixes est le meilleur moyen pour avoir un chien équilibré et calme.

Laissez lui trouver la vitesse qui lui convient. S’il s’assoit et ne veut plus avancer, il ne faut pas insister. Ne le prenez pas dans vos bras si votre chiot rencontre un chien plus grand que lui. Laissez le faire connaissance. Un chien adulte équilibré n’attaque pas un chiot.

Il faut commencer à lui apprendre le rappel en liberté. Ayez des friandises dans votre poche. Il faut qu’il trouve plus intéressant de revenir vers vous que de continuer à sentir la bonne odeur qu’il vient de découvrir. Quand il revient, il faut le féliciter chaudement et lui donner une récompense. S’il court comme un fou et s’éloigne trop, cachez-vous. Se retrouvant seul, il sera vite désorienté et reviendra vite sur ses pas. Il vous cherchera et il vous trouvera facilement car il a du flair. C’est aussi un jeu qu’il aime beaucoup. Il prendra l’habitude de trottiner devant vous, et de se retourner de temps en temps pour surveiller si vous êtes toujours là.

Voici un jeu qu’il apprécie : allez dans un bois et posez au pied d’un arbre quand il ne vous voie pas, vos gants avec une croquette dessus, plus loin votre écharpe avec une croquette, là votre bonnet et faites lui chercher en disant son nom et le mot « cherche ».Vous serez surpris des résultats.

Autre jeu possible si vous êtes deux lors d’une promenade en forêt : l’un tient le chien en laisse, l’autre s’éloigne sans que le chien le voit, la première fois en ligne droite et va se cacher. Le chien est détaché et son accompagnateur lui dit de chercher. La deuxième fois, il faut corser la difficulté en faisant des zig zag ou en revenant sur ses pas. Le dalmatien adore ce travail de recherche et il est excellent pour ce travail de piste.