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Monthly Archives: décembre 2007

Voici un texte du Professeur Guy Quiennec qui fait le pendant de celui de l’élevage Perdita que j’ai mis précédemment

 

"I Définition du problème

 

1)     Sélectionner revient à choisir un couple de géniteurs pour les apparier en vue d’obtenir un progrès, soit par rapport à la moyenne de la population de la population concernée, soit par rapport à la fraction déjà la plus améliorée.
La première méthode intéresse une population entière comme la race, la seconde concerne un élevage donné.
L’amélioration génétique comprend 3 étapes successives
– un choix des géniteurs
– une méthode d’accouplement
– un contrôle des résultats

2)     Deux données sont nécessaires à tout programme :
a – les caractères souhaités sont-ils transmissibles héréditairement, autrement dit ont-ils une base génétique ?
b – Comment peut on mesurer le progrès, ou tout au moins apprécier les résultats obtenus, ce qui signifie que l’on ait défini avec précision le but à atteindre.
Ces deux questions apparemment simples, n’offrent pourtant pas de réponse évidente.

Le fait de savoir si un caractère isolé, voire un groupe de caractères ont ou non un support génétique va être déjà très délicat.


D’une part, presque tous les éléments repérables procèdent de l’inné, c’est à dire d’une base génétique, mais laquelle ? D’autre part leur manifestation est presque toujours soumise à l’environnement, donc à l’acquis.


Dans quelles proportions, avec quel déterminisme voilà déjà ce qu’il faudrait savoir. Mais la nature affective de l’élevage canin, les facteurs psychologiques qui sous tendent la plupart des éleveurs, empêchent habituellement des essais expérimentaux et limitent l’information sur les résultats complets obtenus.


Beaucoup de données sont biaisées, quand elles ne sont pas purement affirmées sans aucune preuve. Même si l’on a des données sérieuses, il n’est pas simple de savoir quoi faire.

 S’il s’agit de facteurs positifs, ce n’est pas difficile on cherchera à les concerter.
Mais s’il s’agit de facteurs négatifs, défauts ou mêmes tares, la réponse devient nuancée.
Le profane ou pire encore le néophyte informé vont réagir simplement en décrétant l’élimination.
Mais de qui : les touchés, les porteurs, leurs parents, etc.


On peut décapiter une race pour la sauver.

Le rejet d’un géniteur taré élimine avec lui les qualités qu’il pouvait avoir. C’est souvent sans importance, parfois pire que la nuisance qu’il créait.

La connaissance sérieuse des lois de la génétique, beaucoup plus complexes que celles que nous sommes conduits à énoncer par simplification pédagogique doit inviter à la prudence scientifique.


Enfin, qui peut affirmer que tel défaut, voire telle tare est toujours nuisible, qu’elle n’a pas d’effets positifs marquants encore ignorés de nous ?
Nous en connaissons de multiples exemples chez l’homme comme l’anémie falciforme qui permet de résister au paludisme.

Chez les bovins, notre laboratoire a beaucoup étudié une anomalie chromosomique, la translocation 1.29. L’INRA suivant l’avis des suédois décrète qu’elle nuit à la reproduction et propose de l’interdire aux porteurs. Mais la race corse en est envahie, nous l’avons trouvée au Tchad, ne serait-elle pas un facteur de robustesse ? la race blonde d’Aquitaine, hautement performante en contient beaucoup. D’importants moyens viennent d’être fournis pour tenter de savoir si cette anomalie, visible au microscope doit être éliminée ou sélectionnée.

 

Pensons à la complexité d’une décision chez le chien qui conduit à un premier conseil :
chercher à améliorer les qualités, à promouvoir les bons géniteurs plutôt qu’à éliminer des insuffisances réels ou potentiels sans recours possible.

 

 Ne confondons pas le progrès génétique avec le pouvoir génétique.


Certes cette démarche est contraire à la logique administrative qui sévit en France et nous a conduit à des structures monopolistiques, simples, coercitives car il est plus commode d’interdire que de développer, mais elle doit à notre sens rester le guide de l’éleveur de qualité.

 

 

II RAPPELS UTILES

 

1)    Génétique
Tout caractère visible d’un individu fait partie de son phénotype. Il est dû tantôt à un seul caractère génétique (un allèle), tantôt à une combinaison de plusieurs.
Dans la quasi-totalité des cas, il entre à la fois une part d’origine génétique, donc transmissible, et une part due aux conditions d’élevage, à l’environnement donc non transmissible. Il faudra tenter d’évaluer la part de l’un et de l’autre.

La partie d’origine génétique est toujours composée de la juxtaposition et non du mélange de 2 séries de 39 filaments appelés chromosomes, qui portent chacun des centaines de caractères isolés.
l’une des séries vient obligatoirement du père et l’autre de la mère.
Deux d’entre eux, appelés X et Y, les gonosomes, vont induire le sexe. Donc tout individu est déterminé par la juxtaposition de 39 chromosomes paternels et 39 chromosomes maternels.
Chacun des géniteurs a autant d’importance génétique.
Il faut être prudent avant qu’une particularité recherchée ou redoutée est ou n’est pas d’ordre génétique. On n’a pas le droit pour affirmer la puissance des généticiens de provoquer la disparition de races ou de lignées sur de simples hypothèses, ni de se réfugier derrière des arguments de médecine de Molière en invoquant des polygènes à expressivité et pénétrance variables, ce qui veut dire en clair que le phénomène est sélectionnable mais on ne sait pas pourquoi. Seuls des essais expérimentaux d’accouplements avec résultats statistiques concordant avec les observations courantes peuvent nous éclairer. D’où la nécessité de recherches d’Etat, car quel éleveur va délibérément accepter de créer des tares ? A défaut, il y aura des incertitudes.
Seule l’amélioration des études, la comparaison de programmes d’action et de leurs résultats permettra d’avancer.
Il faut se garder d’une part d’admettre tous les laxismes, d’autre part d’éviter les simplismes brutaux. La conduite d’un élevage demande à la fois fermeté et tolérance avec beaucoup de continuité réfléchie.

La génétique ne nous permet pas de prévoir les résultats d’un accouplement, seulement de comprendre après coup ce qui s’est passé.
L’élevage reste un art où la connaissance des animaux est indispensable. Avant de commencer l’amélioration génétique, il faut donc savoir la repérer, puis analyser le patrimoine génétique des reproducteurs ou l’homogénéiser.

2)    Influence de l’environnement
Un élément de qualité peut être saccagé par les conditions d’élevage.
Ainsi une mauvaise alimentation, mal équilibrée, avec des suppléments vitaminiques à l’aveuglette va provoquer des déformations du squelette qu’un œil peu averti pourra confondre avec des déformations d’aplomb. Des carences réduiront la hauteur au garrot, les dimensions de la poitrine, alors que les descendants mieux nourris n’exprimeront pas ces défauts.
Un poil génétiquement long pourra rester court si l’alimentation ne fournit pas assez de matériaux pour fabriquer du poil.
Les dents sont aussi des organes sensibles au milieu. Au cours de leur formation les bourgeons dentaires pourront être attaqués par des virus d’où manque de dents, dédoublements, mal dispositions, etc…De multiples carences minérales, des troubles fœtaux vont pouvoir affecter la dentition.

3)    Organisation de la sélection
Savoir quoi chercher dans un géniteur suppose que qualités et défauts soient clairement définis et que l’on connaisse ceux d’entre eux qui ont bien un support héréditaire.
Le chien ou le chat de race pure peuvent se comparer à un modèle de référence qui est le standard, description technique précise de l’animal idéal, description qu’il faudra souvent affiner par des mensurations et des commentaires explicatifs.
Faute de standard assez clair et d’une interprétation homogène entre les pays et les juges, il n’y aura pas de sélection rationnelle positive. Tout est fonction des goûts de chacun.

On verra tel animal remporter des qualificatifs prestigieux avec tel juge, infâmants avec tel autre. Cela n’est aucunement inéluctable, mais dû aux inconséquences du système et des méthodes de référence.

Telles qu’elles fonctionnent les expositions canines n’ont guère de fonction de sélection, faute de cohérence et de justificatifs techniques. Ce sont par contre des manifestations utiles, probablement nécessaires, pour l’information, l’éducation, la confrontation. Elles permettent de montrer au public de beaux animaux de pure race, donc de contribuer au développement de l’élevage. Par contre elles ne répondent habituellement pas aux conditions de la sélection raisonnée, qui impliquent une mesure de progrès.

Pourtant les épreuves de sélection morphologique existent de puis longtemps, et sont parfaitement compatibles avec la rigueur zootechnique, le prix de revient d’une exposition, le temps disponible.

Elles impliquent d’une part d’avoir des juges plus soucieux de compétence zootechnique que de convivialité, employant un langage commun et précis, et d’autre part des méthodes rationnelles d’analyse de la conformation.

Aucune sélection sur la morphologie ne sera donc possible tant que les responsables de race n’auront pas fourni un modèle de référence rédigé dans le vocabulaire approprié, et assorti de barèmes d’appréciation avec hiérarchisation des éléments à rechercher.
Jusque là on continuera à entendre toutes les controverses sur les résultats et leurs motifs. Il y a donc une absence de modèle de référence utilisable eu égard aux incohérences des jugements.

En revanche le système actuel a le mérite de sauvegarder la variabilité génétique et de limiter les abus dirigistes des Associations de race.
Le fait qu’une seule Association soit agréée et que la SCC n’autorise aucune autre à travailler le sujet nuit à la variabilité génétique, contraint les éleveurs à subir sans discuter les vues de certains ou à chercher à les renverser ce qui suscite d’innombrables conflits.
Un club de race ne doit pas donner d’ordres impératifs. Il serait indispensable que soient autorisées plusieurs associations par race, contrairement à la pratique actuelle. Au moins que les éleveurs sérieux qui ont la malchance d’aimer une race dont les dirigeants ont une conception purement conviviale de leur tâche, ou pis encore sont inactifs, puissent travailler en commun sans polémiques ni querelles personnelles. Que le sort d’une race ne soit pas irréductiblement limité aux concepts même utiles et judicieux d’un groupe unique d’éleveurs, mais que d’autres conceptions, limitées par le standard puissent se pérenniser. La race pourra en avoir besoin demain."

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 J’ai mis il y a quelques temps un post sur l’élevage Perdita, je viens de traduire les dernières réflexions de Kari Ditlefsen éleveuse mondialement connu dont les reproducteurs sont importés en Allemagne Perdita’ S Inside information, aux pays Bas pour Perdita’s Keep Track pour les plus anciens.

"J’ai eu quelques réactions suite à mon dernier post concernant les règles en élevage.

Des personnes continuent d’insister en disant que l’on n’est pas un éleveur responsable si on utilise des chiens unilatéraux ou des chiens auxquels il manque des dents.

En dépit d’être particulièrement insistant aucun ne peut me donner d’excellentes raisons d’écarter de tels chiens d’un programme d’élevage.

Les chiots unilatéraux sont vendus comme chiens de compagnie, et les éleveurs pensent sérieusement qu’ils feront d’excellents chien de compagnie pendant des années. Et les chiens auxquels il manque des dents vivent aussi longtemps que d’autres pourvu qu’ils n’aient pas d’autres défauts.

Nous n’avons aucune statistique sérieuse disant qu’écarter les chiens unilatéraux donnera moins de sourds dans leur descendance, bien que je dois admettre que cela risque probablement d’arriver si les éleveurs continuent d’écarter les unilatéraux de leur programme d’élevage. Mais que cela signifie-il en terme de nombre ? En Norvège nous avons environ 4 % de sourd, en écartant les unilatéraux nous tomberons à  3 % ce qui veut dire que nous aurons 8 sourds pour 6 actuellement. Pendant ce temps nous perdrons beaucoup de sujets intéressants pour la reproduction.

 Je mets toujours en avant que le problème existe pour moi quand un « TRES BON » chien unilatéral, ou à qui il manque des dents, ou qui n’a que quelques taches  ou trop de taches ou qui manque de pigmentation sur le nez. Meilleur est le chien, plus j’accepte les fautes. Et honnêtement combien d’excellents chiens avons-nous dans la race ? Pas assez pour les écarter de la reproduction s’ils ont un bon caractère et ne sont pas malades !

 Je ne conseillerai jamais de faire de l’élevage avec un chien au sale caractère ou montrant une maladie sérieuse comme des calculs urinaires ou des allergies. Ce sont des maladies qui peuvent causer beaucoup de problèmes aux chiots et à leur propriétaires. Et la race souffrira d’une mauvaise réputation.

 J’ai également découvert que dans certains pays, les éleveurs ont beaucoup de mal à trouver des chiens qui remplissent toutes les conditions pour les autoriser à reproduire, aussi mettent-ils de coté le type . Peut être aussi est-ce la raison pourquoi leur chien manque souvent d’équilibre et des importantes qualités mentionnées dans le standard.

 Nous savons tous également que les tests auditifs donnent des résultats faux et qu’un chien pensé unilatéral peut se révéler bilatéral au prochain test. La même chose arrive pour les radiographies pour la dysplasie. Nous avons quelques exemples de ces faits en Norvège. Cela va avec le fait que les gens ne retestent pas les chiens qui ont eu de bons résultats la première fois, mais tellement de chiens ont de mauvais résultats au premier test pour avoir de bons résultats au second, que l’on peut penser que les chiens testés bilatéraux la première fois pourraient être unilatéraux la deuxième fois et que tous les chiens devraient être testés deux fois. Comme on ne peut pas être sûr des résultats des tests, je pense que la race ne peut pas s’offrir de perdre d’excellents chiens à cause de cela.

 Où croyez vous que serait notre race aujourd’hui si les éleveurs d’autrefois avaient exclu autant de chiens que nous sommes en train de le faire ? Je suis presque sûre que d’autres tests sont à venir pour dépister d’autres tares, qui feront que moins en moins de chiens seront utilisés pour l’élevage. Est-ce le meilleur moyen d’améliorer l’ensemble des qualités d’une race ?

 Je n’aime pas cette vantardise que l’on voit sur les sites internet où l’on vous apprend que leurs chiens ont dentition complète, sont indemnes dysplasie, sont entendant bilatéraux, non porteur de l’ARDS ou de la couleur citron. ! C’est uniquement intéressant si le chien est d’un très bon type par rapport au standard ce qui n’est malheureusement pas toujours le cas.

 Je suis très fière de cette classe élevage représentée sur cette photo  à Hamar au mois de Novembre. Le plus jeune a onze mois, et le plus vieux 10 ans. Leurs mères sont issues de quatre mères différentes de l’élevage Perdita et leurs pères sont tous les quatre différents, deux sont issus de l’élevage Perdita, un Spotnik et un Timanka.  Pour moi, ils paraissent avoir le même type, et collent très bien aux exigences du standard de la race, un excellent équilibre avec une excellente ossature sans être grossier. Ils ont tous un bon mouvement et un excellent caractère. Mais ils peuvent tous être porteurs du gène citron. Ils peuvent être tous unilatéraux car ils ne sont pas testés. Ils descendent tous de lignées porteuses de l’ARDS, même s’ils sont à plus de dix générations d’un porteur connu. Cela m’aurait été impossible de fixer le type que vous avez sur cette photo s’il m’avait fallu écarter leurs parents, grands parents ou arrières grands parents de l’élevage en raison des possibles défauts que les test d’aujourd’hui auraient pu détecter.

 Nous allons bientôt célébré la nouvelle année 2008 et que je souhaite que tous les éleveurs dans le monde comprennent l’importance du type et de la conformation au standard et permettent à un excellent sujet bon pour l’élevage de reproduire malgré qu’il n’ait pas répondu de façon satisfaisante à tous les tests.

24 novembre

ELEVAGE PERDITA EN NORVEGE

Voilà ce que dit l’éleveuse de l’affixe Perdita :
 
"Pour moi le type est l’alpha et l’omega. Mais que je veux dire par le type. ?Un dalmatien de type correct est un dalmatien qui se rapproche le plus du standard. Je fais très attention de ne pas changer les termes de ce standard pour coller au dalmatien que je désire élever.
 
D’autres éleveurs vous diront que la santé et le caractère sont les points les plus importants. Bien sûr que c’est important, bien je réponds généralement pourquoi ne pas élever ce que j’appellerai des mixtures. Vous prenez un chien d’une race qui est en bonne santé et qui a un bon caractère et vous l’accouplez avec un chien d’une autre race ayant ces mêmes qualités. Vous serez sûrs alors de produire des chiots ayant un bon caractère et en bonne santé.
 
J’élève des dalmatiens pour produire des chiots le plus proches du standard, et un dalmatien sans grande qualité de type ne deviendra jamais un bon dalmatien parce qu’il est en bonne santé et qu’il a un bon caractère.
Je pense même qu’un éleveur qui insiste beaucoup sur la santé et le caractère, c’est parce que ses chiens manquent de type.  cela veut pas dire que je n’attache aucune importance au caractère ou à la santé. Mais je m’en inquiète que si type du chien me convient.
Je trouve d’ailleurs beaucoup plus difficile de trouver un dalmatien avec un excellent type. et c’est là notre responsabilité en tant qu’éleveur de faire quelque chose avant qu’il ne soit trop tard.
 
Je me sens toujours concernée par ce que la science peut apporter à l’élevage, mais là je sens aussi que je me bats contre les moulins.
Cet été, nous avons eu beaucoup de portées en Norvège. J’ai jeté un oeil sur les sites internets de ces élevages et l’un des éleveurs de Norvège dit que les parents de sa portée sont indemnes dysplasie, entendant bilatéraux et qu’ils ont toutes leurs dents comme on peut le voir sur les sites d’éleveurs du continent. Ces indications doivent servir à vendre la future portée. Nous savons tous que ces mentions ne peuvent garantir que les chiots auront toutes leurs dents, seront entendant bilatéraux et que leurs hanches seront correctes en dépit de leurs excellents parents. Cela donne plutôt l’impression que tous les dalmatiens sont sourds, sans dents et ont des problèmes pour se déplacer à cause de mauvaises hanches.
 
Je peux très bien imaginer dans quelques années que ces informations sur les caractéristiques des parents, donneront l’impression au public d’acheter des chiots en excellent santé. Mais cela deviendraa difficile pour  certains éleveurs  de vendre des chiots dont les parents ne sont pas testés. Je ne suis pas contre le fait de tester les reproducteurs, mais je suis tout à fait contre le fait d’écarter de la reproduction des chiens excellents en caractère et en type parce qu’ils sont défectueux sur certains tests, surtout quand on sait que les chiots à venir auront les qualités de leur géniteur. Nous excluons en Norvège des chiens ayant des hanches incorrectes  en Norvège, mais je crains que nous retirions les unilatéraux grossissant le nombre des chiens non utilisés pour l’élevage.
 
Parlons de la dysplasie : nous avons une règle ici de’utiliser les dalmatiens avec des hanches correctes bien que le nombre des chiens ayant des hanches correctes n’est pas augmenté depuis plus de 25 ans. Nous avons toujours 10 % de chiens qui développent des hanches incorrectes. C’est extrêment rare qu’un dalmatien soit euthanasié parce qu’il a de graves problèmes de hanches. Quel argent dépensé pour toutes ces radiographies alors que la baisse des chiens affectés est proche de zéro.
 
En ce qui concerne la surdité, nous savons tous que des chiens entendant bilatéraux peuvent donner des chiots sourds comme les chiens uniltéraux le font. Je prends en contre que les sourds ne sont pas utilisés pour la reproduction, mais une expérience menée en Suède il y a quelques années, montrent que deux chiens sourds ne donnent pas plus de sourds dans les générations suivantes que la moyenne de la population. Les chiots sourds sont en moyenne en Norvège 3 à 4 % en Norvège. Il y a encore aujourd’hui pas beaucoup de dalmatiens testés, et donc nous avons sans doute des unilatéraux qui reproduisent, et en dépit de cela le pourcentage de dalmatiens sourds n’a pas augmenté.
 
Le problème vient de celui qui a un superbe chien unilatéral qui pourrait être exclu de l’élevage. Comment une race peut-elle s’offrir le luxe de perdre des qualités comme le type et la conformité au standard. Un chien qui n’est pas d’un bon type mais qui sera entendant bilatéral sera préféré à un chien excellent, et le temps fera que ce chien entendant produira quelques sourds et quelques uniléraux. Tout le monde peut voir que tout cela est idiot.
 
Quand nous ajoutons à la dysplasie et la surdité, le problème des dentitions complètes, et récemment un intéret pour le mégaoesophage, et aussi la couleur citron,  trouver un chien qui soit un beau chien devient difficile en dépit que tous ces tests peuvent donner des chiots porteurs des défauts que nous souhaitons éviter.
Le plus important pôur une personne désirant acheter  un chien c’est d’avoir un animal avec un bon caractère. Mais les tests pour mesurer le caractère des chiens sont plutôt limités et beaucoup d’éleveurs sont complètement indifférents à ce genre de test.
Nous avons aussi des problèmes d’allergie qui sont en augmentation, peut être due à l’environnement.
J’ai élevé des chiens qui avaient de mauvais tempéraments et certains qui développaient des allergies. C’était des désastres pour le chien le propriétaire et l’éleveur.
J’ai aussi élevé des chiens avec de mauvaises hanches, des manques de prémolaires, des taches citrons et des unilatéraux. Ces chiens ont vécu une vie heureuse et longue, donnant beaucoup de joie à leur famielle. Peut être devrions nous concentrer sur le tempérament et les allergies.
Je pense sincèrement que l’élevage est à un mauvais tournant et le futur de notre race est dans la balance, regardant de moins en moins le standard qui décrit le beau dalmatien.
Quel est l’intérêt d’élever des chiens tachés avec toutes leurs dents, entendant bilatéraux et avec de bonnes hanches, quand les taches sont la seule qualité qui montre qu’il s’agit d’un dalmatien ?"
 
 Ce texte que j’ai traduit se trouve sur le site perdita dalmatiens en Norvège écrit par Kari Ditelfsen. Elle élève des dalmatiens depuis 1980, ce n’ est donc pas une nouvelle dans le milieu du dalmatien, elle èlève depuis presque 30 ans et avec succès. Il est toujours bon de rechercher l’avis d’éleveurs plus expérimentés. 
 
Elle rejoint le texte du docteur Bruce Cattanach sur le dilemme du dalmatien robe blanche et surdité que j’ai mis dans un post plus bas et dont je remets le lien ici.

 

je vous soumets ce que je viens de lire dans la revue "Noé" de l’association "One Voice".

 

Expérience dans l’industrie alimentaire pour animaux familiers

 

Jusqu’à présente, en France, l’expérimentation animale pour la fabrication de produits alimentaires destinés aux animaux familiers n’avait jamais été dénoncée. Ayant eu connaissance de ces pratiques l’association  «  One Voice » a décidé de les combattre en lançant une campagne de fond, afin de mettre à jour les expérimentations subies par des milliers de chats et de chiens. L’Association « One Voice » est déterminé à obtenir des fabricants l’abolition de ces tests, grâce à l’élargissement de leur label « non testé sur animaux » aux aliments pour animaux.

Le marché en chiffres

Les aliments pour animaux de compagnie génèrent chaque année dans le monde près de 43 milliards de dollars.

Avec ses 19 millions de chiens et de chats, la France est le pays d’Europe qui possède le plus d’animaux de compagnie et qui, de ce fait, représente le plus gros marché européen avec 2 milliards d’euros.

Pâtées, gelées, bouchées, croquettes light pour chatons, adultes ou seniors…devant un tel marché à conquérir, les marques proposent de nouvelles gammes qui fleurissent dans les rayons des supermarchés pour le bien être de nos compagnons.

 

Derrière l’emballage les tests

Paradoxe ultime, les marques nous proposent des publicités idylliques qui mettent en scène des chats et des chiens « heureux » et en pleine forme…On nous vante les bienfaits d’une alimentation étudiée, des nouveautés de la recherche en matière de nutrition pour que notre animal soit en bonne santé et vive plus longtemps….Mais derrière cet emballage rose bonbon se cachent souvent des tests cruels effectués sur les chats et des chiens, les mêmes…mais qui n’ont, eux, définitivement plus allure adéquate pour passer à la télé.

 

Une cruauté sans limites.

Privations alimentaires, isolements dans des cages exigües, gavages, carences volontaires….Voilà quelques exemples des pratiques réalisées dans les laboratoires. Dès leur plus jeune âge, les animaux sont soumis à des tortures. Dans le but de vérifier les effets de certains nutriments sur l’organisme, on réalise des ablations d’organes comme les reins, les organes génitaux ou on mutile les animaux en leur prélevant régulièrement des parties de foie, d’intestin, de peau ou des dents….

Pour obtenir des prélèvements plus rapides et réguliers, on insère directement des tuyaux dans les intestins des chiens.

Lorsqu’il ne sont pas euthanasiés pour les besoins des expériences, ou qu’ils en périssent pas des suites des tests, ces animaux peuvent subir inconfort, stress, douleurs parfois sévères et souffrances pendant des années. Certaine expériences ont été menées sur des chiens pendant plus de 15 ans ! Autant d’années durant lesquelles ils sont utilisés pour après jour, comme de simples outils de tests, sans aucune considération pour leur vie.

La souffrance animale ne s’arrête malheureusement pas aux portes des laboratoires. L’autre polémique concerne la composition même des produits. Une partie de la viande contenue dans les boîtes est composée d’animaux blessés dans les élevages intensifs et les transports, et maintenus le plus longtemps possible en vie afin de conserver toute leur « fraîcheur »…Il n’y a pas de profit négligeable pour les abattoirs.

 

Le début d’un long combat

La mise en place de la campagne est axée en grande partie sur l’information. Les nombreux foyers qui considèrent leur compagnon à quatre pattes comme un membre de la famille doivent pouvoir choisir en toute connaissance de cause.

N’est-il pas préférable d’acheter des aliments pour chiens à un fabricant qui attache de l’importance à tous les chiens, plutôt que seulement à tous ceux qui ont la chance de vivre dans nos foyers ?

 

Pour un label sans cruauté

En parallèle à cette mobilisation, One Voice a déjà commencé à soumettre des dossiers aux fabricants afin qu’ils puissent s’ils le souhaitent, être certifiés par un organisme indépendant, et faire partie du label « non testé sur animaux »visé par One Voice, de la même façon qu’a été crée le label pour les produits cosmétiques.

Cette campagne pose ainsi le premier maillon d’une longue chaîne d’actions visant à abolir les expérimentations sur les animaux. Le travail auprès des grandes sociétés s’annonce long, mais indispensables pour les chiens et les chats.

 

 

Code Rural : Article L214-6 :

(Transféré par Ordonnance nº 2000-914 du 18 septembre 2000 art. 11 I, II Journal Officiel du 21 septembre 2000)
   I. – On entend par animal de compagnie tout animal détenu ou destiné à être détenu par l’homme pour son agrément.

Société Centrale Canine

  • Le Certificat de Naissance  est le document officiel qui atteste son inscription au LOF au titre de la descendance.

  • le Pedigree est le document essentiel qui atteste son aptitude à engendrer des chiens de race et à reproduire : sa descendance pourra être inscrite au LOF.

"Agrément" est différent de  "professionnel". Cet article du Code Rural indique que le chien de compagnie n’est pas obligatoirement destiné aux expositions de beauté, ni au travail ni à la reproduction. L’éleveur qui vend un chien de compagnie n’a pas à apporter une garantie de confirmation, il n’a pas à assumer cette obligation de résultat. Rappelons que plusieurs cours d’appel ont jugé que l’éleveur n’était pas tenu de la garantie de confirmation dans la mesure où l’éleveur ne maîtrise pas toute la génétique, et ne peut prévoir l’évolution du chien en dépit de son expérience et de son travail de sélection. A plus forte raison, ne peut-il garantir que le chien deviendra un étalon ou un champion d’exposition. L’éleveur n’a qu’une obligation de moyen ( mettre tout en oeuvre pour produire de beaux sujets, mais non une obligation de résultat s’agissant d’élevage d’êtres vivants avec les aléas attachés à cette situation vendus à l’âge de huit semaines. Pour avoir cette garantie, l’acheteur devra envisager d’acheter un chien plus âgé.Un éleveur n’est donc pas sensé garantir un chiot. A l’âge de 2 mois, celui pourra présenter tous les critères nécessaires pour devenir un chien confirmable mais entre temps il devra grandir et est exposé aux risques d’une mauvaise croissance. Si le chiot pendant sa croissance est élevé trop maigre, s’il manque de quoi que ce soit, il en souffrira, aura des carences et ne se développera pas comme il était prévu. S’il subit une intervention chirurgicale, suite à une fracture ou blessure importante, il pourrait se développer différemment. Les tribunaux estiment que le chiot vendu à 2 mois est destiné pour la compagnie, de plus cette mention est généralement portée sur les attestations de vente.

Cependant, l’éleveur qui s’engage à prendre le risque de faire une garantie de confirmation doit le faire figurer dans la convention de vente. Dans cette même convention, "l’acheteur doit prendre l’engagement écrit de mettre en place un minimum de moyens d’élevage (nourriture, entraînements, …) qui, parce que forcément différents de ce qui est nécessaire au chien d’un simple particulier, seront précisément énumérés"
" Etant donné qu’il y a de fortes chances que ce genre d’animal soit cédé à un prix supérieur à celui habituellement pratiqué pour un simple chien de compagnie, les parties peuvent très bien convenir que si l’objectif fixé (confirmation) n’était pas atteint, la vente ne soit pas annulée, mais que l’acheteur perçoive un dédommagement équivalent au surcoût d’acquisition""(Guide Juridique. P. Correard. p. 141)

 

Réflexions diverses La Rochefoucauld

 Il y a autant de diverses espèces d’hommes qu’il y a d’espèces d’animaux, et les hommes sont, à l’égard des autres hommes, ce que les différentes espèces d’animaux sont entre elles  et à l’égard les unes des autres. Combien y-a-t-il d’hommes qui vivent du sang et de la vie des innocents, les uns comme des tigres, toujours farouches et toujours cruels, d’autres comme des lions, en gardant quelque apparence de générosité, d’autres comme des ours, grossiers et avides, d’autres comme des loups, prédateurs et impitoyables, d’autres comme des renards qui vivent d’industrie et dont le métier est de tromper !

 Combien y a-t-il d’hommes qui ont du rapport aux chiens ! Ils détruisent leur espèce ; ils chassent pour leur plaisir de celui qui les nourrit : les uns suivent toujours leur maître, les autres gardent sa maison. Il y a des lévriers qui vivent de leur valeur, qui se destinent à la guerre, et qui ont de la noblesse dans leur courage : il y a des dogues acharnés qui n’ont d’autre qualité que la fureur ; il y a des chiens plus ou moins inutiles, qui aboient souvent, et qui mordent quelquefois et il y a même des chiens de jardinier. Il y a des singes et des guenons qui plaisent par leurs manières, qui ont de l’esprit, et qui font beaucoup de mal. Il y a des paons qui n’ont que la beauté, qui déplaisent par leur chant, et qui détruisent les lieux qu’ils habitent.

Il y a des oiseaux qui ne sont pas recommandables que par leur ramage ou par leurs couleurs. Combien de perroquets, qui parlent sans cesse, et qui n’entendent jamais ce qu’ils disent ; combien de pies ou de corneilles, qui ne s’apprivoisent que pour dérober ; combien d’oiseaux de proie, qui ne vivent que de rapine : combien d’espèces d’animaux paisibles et tranquilles qui ne servent qu’à nourrir d’autres animaux !

 Il y a des chats, toujours au guet, malicieux et infidèles et qui font patte de velours ; il y a des vipères dont la langue est venimeuse, et dont le reste est inutile ; il y a des araignées, des mouches, des punaises et des puces, qui sont toujours incommodes et insupportables ; il y a des crapauds, qui font horreur, et qui n’ont que du venin ; il y a des hiboux, qui craignent la lumière. Combien d’animaux qui vivent sous terre pour se conserver ! Combien de chevaux, qu’on emploie à tant d’usages, et qu’on abandonne quand ils ne servent plus ; combien de bœufs, qui travaillent toute leur vie pour enrichir celui qui leur impose le joug ; de cigales qui passent leur vie à chanter, de lièvres qui ont peur de tout ; de lapins qui s’épouvantent, de pourceaux qui vivent dans la crapule et dans l’ordure ; de canards qui trahissent leurs semblables et les attirent dans les filets, de corbeaux et de vautours qui ne vivent que de pourriture et de corps morts ! Combien d’oiseaux passagers, qui vont si souvent d’un bout du monde à l’autre, et qui s’exposent à tant de périls, pour chercher à vivre ! Combien d’hirondelles qui suivent toujours le beau temps ; de hannetons, inconsidérés et sans dessein ; de papillons qui cherchent le feu qui les brule ! Combien d’abeilles, qui respectent leur chef, et qui se maintiennent avant de règle et d’industrie ! Combien de frelons, vagabonds et fainéants, qui cherchent à s’établir aux dépens des abeilles ! Combien de fourmis dont la prévoyance et l’économie soulagent tous leurs besoins ! Combien de crocodiles, qui feignent de se plaindre pour dévorer ceux qui sont touchés par leur plainte ! Et combien d’animaux qui sont assujettis parce qu’ils ignorent leur force !

Toutes ces qualités se trouvent dans l’homme et il exerce à l’égard des autres hommes, tout ce que les animaux dont on vient de parler exercent entre eux.

 

Après avoir partagé pendant des années les informations que je tenais de l’élevage de mes portées, avec les autres éleveurs travaillant sur les mêmes lignées d’où sont issus mes propres chiens, j’ai décidé de garder désormais le silence.

Mes chiens sont testés pour la surdité et la dysplasie, identifiés par des tests ADN et présentés en exposition dans toute l’europe : mes choix d’élevage sont orientés en fonction de leurs résultats.

Les informations concernant mes portées ne concernent que le propriétaire de l’étalon si j’ai choisi un étalon hors de mon élevage, les acquéreurs de mes chiots et ceux qui souhaitent  faire de l’élevage sur mes origines. J’estime qu’il est de mon devoir de les conseiller.

 

Je ne considère pas que mes chiens sont les meilleurs. Ils ont des défauts comme les autres. Ils sont porteurs de gènes défectueux comme les autres. Mon travail d’éleveur est d’envisager les combinaisons génétiques qui me permettront de produire un dalmatien beau et sain avec un excellent caractère en détectant les qualités de mes chiens susceptibles d’être transmissibles, et les défauts qui pourraient nuire à leur santé génétique.

 

Il est impossible en France de partager des informations avec les autres éleveurs sans faire l’objet d’une véritable chasse aux sorcières et d’être accusé des pires turpitudes.

L’idéal serait de travailler en concert , mais malheureusement ce n’est pas possible à cause de jalousie, de frustrations, de rivalités, Quand certains auront appris à ne pas mettre à l’index un étalon parce qu’il a fait une mauvaise portée avec telle ou telle chienne, à ne pas s’espionner les uns  les autres pour discréditer un élevage, à ne pas colporter ragots et commérages,  à ne pas étiqueter tel chien ou tel élevage nous pourrons tous travailler ensemble pour l’amélioration de la race, et retrouver cette passion qui nous a fait choisir d’élever des dalmatiens.  Malheureusement c’est une utopie. 

Je vous laisse lire l’article mis en ligne sur ce lien :

 

 http://pawpeds.com/pawacademy/general/codeofsilence/index_fr.html