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Ce texte vient de la revue officielle de la cynophilie française . Son auteur est Didier Leportois.
 "Car il faut être un peu fou pour s’engager sur la voie de l’élevage de sélection : consacrer son temps quotidien sans faille et sans relâhce à l’entretien de ses protégés qui ne connaissent ni dimanche ni jours fériés. Les nourrir, les abreuver, nettoyer, curer, désinfecter, ramasser les crottes, surveiller et soigner jusqu’à se relever souvent la nuit ( surtout quand il y a des portées). Les abriter des intempéries et les chauffer l’hiver, leur éviter la canicule l’été. Les promener, les éduquer, limiter ses départs en vacances pour ne pas relâcher sa surveillance. Leur consacrer le budget de ses loisirs. Subir parfois les foudres des voisins que les aboiements dérangent, encourir quelquefois la lassitude et l’incompréhesion du conjoint. Sacrifier aux délices des arcanes adiministratifs et braver les épizooties.
Voilà et j’en oublie, le calvaire de l’éleveur. Si de telles conditions d’exercice étaient imposées dans le cadre d’une activité professionnelle, nul doute que les candidatures ne seraient pas nombreuses et que les grèves y succéderaient aux mouvements syndicaux…….
Et pourtant on voit l’amateur s’y complaire : il déclare même volontiers au béotien incrédule que cette grande passion est le sel de sa vie….D’aucunes imagineront qu’il obtient un large retour financier qui le dédommage largement de ses efforts. Hélas, nul éleveur n’a jamais fait fortune et les rares chanceux dont la trésorerie se retouve occasionnellement positive, réinvestissent leurs gains dans leur hobby…….
 
Alors qu’est qui fait courir les éleveurs ?
Le hasard d’un coup de foudre souvent, une rencontre dans la nature ou dans une exposition, avec une boule de poils, pas forcément la plus étonnante, mais celle dont un regard, une attitude, un trait de vivacité aura su enflammer son imagination ou exciter sa curiosité.
Viendra l’acquisition du premier sujet qui le fera entrer dans l’intimité de la gent canine et découvrir la vie sous des aspects qui échappent la plus souvent au commun des mortels. Il sera le  témoin privilégié des premières reproductions qu’il aura su favoriser en bichonnant ses pensionnaires. Acteur et spectateur, il aura participé au grand miracle de la vie. Peu importent les efforts, les contraintes et les désillutions, le plus petit succès le pousse à aller vers plus difficile.
Le long de sa route il va rencontre dans les associations des amis tout aussi mordus que lui qui vont souvent devenir sa famille de coeur. Il va s’informer, se former, découvrir des champs de connaissances scientifiques qui lui étaient parfois totalement étrangers. Il va allier l’esprit et la main pour se mettre au service de Vivant et pourra prendre une part active à la préservation de certaines races.
 
L’éleveur amateur est un artisan de la VIE, il en a une connaissance pragmatique et juste, il sait s’impliquer, il a la passion du résultat, il est un vecteur du respect bien compris des espèces animales. Voilà qui vaut bien un grain de folie douce, sans doute !

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