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Monthly Archives: août 2007

De temps en temps je suis interrogée par des propriétaires de chienne dalmatienne qui me demandent l’un de mes étatons pour une saillie.
MA REPONSE EST INVARIABLEMENT NON !!!
Faire faire une portée à sa chienne ne s’improvise pas !!! Et je vais m’en expliquer.
Comparée à la vie humaine, celle d’un chien est courte. On pense parfois à prolonger la relation avec notre compagnon à travers sa descendance. Mais est-ce toujours une bonne idée de le faire se reproduire ? D’abord il faut tordre le cou à une idée reçue : avoir des bébés n’est pas une nécessité, ni physilogique, ni psychologique pour la chienne. Dans une meute de loups, seul le couple alpha se reproduit et les autres n’en sont pas malheureux pour autant. Une première portée peut favoriser l’élargissement du thorax d’une femelle un peu fluette. Cela n’a intérêt que pour la faire participer avec plus de chances de succès à des expostions. Mais là encore il faut que la chienne montre des caractéristiques morphologiques exceptionnelles pour être une chienne exposition : une simple confirmation ou un simple excellent obtenu ne fait pas de votre chienne une championne capable d’avoir des chiots qui par leurs qualités morphologiques apporteront un plus dans l’amélioration de la race. Cette portée ira plutôt dans le sens d’une augmentation de la population des chiens.
Quant au mâle qui a sailli, il devient plus agressif envers ses congénères et surtout dès qu’il sentira une chienne en chaleur il sera intenable ayant goûter à la chose.
 
Si l’on fait reproduire son chien, c’est bien pour notre plaisir à nous. C’est dans ce sens que je le conçois. Et ce plaisir est immense d’avoir une dizaine de chiots en train de gambader dans le jardin, de les voir interagir entre eux et entre les autres chiens de la meute. Une véritable étude du comportement d’une meute sous nos yeux !!!! C’est passionnant, mais pour que ce plaisir ne se transforme pas en expérience malheureuse, il faut qu’un certain nombre de condition soient remplies.
 
D’abord il ne faut envisager la reproduction qu’avec des chiens qui sont vraiment au top. Ce n’est pas rendre service à une race d’utiliser des géniteurs ayant des défauts qui ont toutes les chances de se retrouver dans la descendance. Sur ce plan morphologique, les résultats d’expositions sont de bons indicateurs. un chien champion de beauté a toutes les chances de présenter de meilleures qualités morphologiques qu’un chien tout juste classer excellent dans une exposition. J’y ajouterai une excellente connaissance du standard et de la race et des différentes origines et pedigrees dans la race qu’on élève car il y a des chiens champions que je ne voudrai pas sur mes chiennes. 
 
Il faut aussi tenir compte de deux facteurs essentiels : la santé et le caractère . Faire procréer u chien qui a une santé douteuse, ou sourd ou qui présente des allergies, qui est agressif ou peureux est franchement déloyal à l’égard de ceus à qui vous céderez les chiots.
 
Ensuite assumer la responsabilité d’une portée n’est pas une mince affaire. Il ne faut pas compter trop sur la chienne pour savoir ce qu’il faut faire quoi qu’il arrive. Dans la nature, la descendance des femelles qui ne sont pas des mères avisées est tout simplement anéanties. Depuis de nombreuses générations, la sélection naturelle n’opère plus chez nos chiens.
 
C’est donc à l’homme d’avoir les connaissances nécessaires pour gérer tout le processus, qui comporte de nombreux éléments : la saillie, la gestation, la mise bas, l’alimentation et l’éducation des chiots. Et cela pour autant que tout se passe bien. Il faut savoir quoi faire s’il y a des problèmes, et ils ne sont pas rares. Par exemple, il faudra bibeonner les chiots toutes les deux heures pendant les premiers jours si la chienne n’a pas assez de lait.
Si la mise bas est difficile, il faudra sortir les chiots de leur enveloppe, couper les cordons et les ranimer. Un éleveur se rend tout de suite compte grâce à son expérience des gestes qu’il faut faire, s’il y a un problème.
 
Ces connaissances il les a acquises dans les livres, mais il les a aussi compléter par les conseils d’un éleveur chevronné ou en discutant avec d’autres éleveurs. Il a aussi dû commencer une fois et a fait des erreurs sans doute, mais si c’est un éleveur consciencieux il ne s’est pas lancé dans l’élevage sans passer le certificat de capacité à l’élevage canin.
 
Passons aussi le choix de l’étalon qui est aussi un aspect technique non négligeable et pour le moins des plus important : prendre l’étalon qui est le plus proche ou celui d’un copain est rarement la meilleure solution. Quand on voit des éleveurs faire des milliers de kilomètres pour faire saillir leur chienne, vous comprendrez la passion qui peut les animer. Ils doivent souvent faire un long voyage, payer pour une saillie des sommes importantes entre 800 et 1000 euros, et ils ne sont pas sûrs que la chienne sera pleine. Il arrive fréquemment que les chiennes perturbées par le voyage ou émotives bloquent leur ovulation et le résultat est une chienne vide.
 
Enfin il faut pour faire une portée réunir un certain nombre d’éléments pratiques. Un minimum d’espace est nécessaire. A partir d’un mois, les chiots doivent pouvoir s’ébattre à l’extérieur, ce qui exclut l’élevage en appartement.  Il faudra une caisse spéciale pour la mise bas et les premières semaines des bébés et un parc bien fermé pour la période suivante ainsi qu’une longue liste de petit matériel. Notamment le parc d’éveil avec des petits obstacles adaptés à la taille des chiots et des jouets, CD de bruitage, etc…
 
Mais le plus important reste la disponibilité à avoir pour bien élever une portée. Pour sociabiliser correctement les chiots, il faut passer beaucoup de temps avec eux. S’il y a un secret pour être un bon éleveur c’et bien celui là. Autrement dit, on ne peut pas mener à bien une portée si l’on a un travail à plein temps. Même à mi temps, c’est limite.
 
Si vous voulez faire du travail sérieux et donner des garanties à ceux qui adopteront vos chiots, vous éleverez avec des pedigrees. Cela signifie qu’il vous faudra d’abord obtenir "un affixe" c’est à dire un nom pour votre élevage qui sera reconnu et protégé par la Fédération Cynolgique Internationale. Vos géniteurs devont avoir eux mêmes un pedigree, mais également avoir subi une sélection spéciale pour vérifier qu’ils sont conformes au standard de la race et qu’ils n’ont pas de maladies ou tares héréditaires (surdité et dysplasie chez le dalmatien).
 
Si tout cela vous effraie trop ou que toutes les contions pratiques ne sont pas remplies et que vous voulez quand même faire porter votre chienne, vous pouvez convenir "une cession d’élevage" avec un éleveur. Vous lui prêtez votre chienne et il s’occupera de la portée sous son affixe et sous sa responsabilité et dans ses locaux. Votre plaisir ne sera pas tout à fait le même et il faudra vous séparer de votre chère amie pendant plusieurs mois.
 
Admettons que tout s’est bien passé et que la portée prospère. Vous n’allez pas garder cette dizaine ou douzaine de chiots ( les dalmatiens sont très prolifiques, on compte même des portées jusqu’à 18 chiots). Heureusement beaucoup de vos copains vous ont promis d’ne prendre un. Vous allez voir mainteant comment la plupart vont se défiler sous divers prétextes. Pris par l’angoisse de ne pas pouvoir placer tous vos chiots, vous allez peut être les confier un peu à ni’mporte qui, sans avoir la certitude qu’ils ont trouvé une bonne famille d’accueil. a moins d’avoir un porte monnaie à la place du coeur c’est traumatisant.
 
A propos de votre porte monnaie, vous imaginez peut être que vous allez vous remplir les poches avec la vente des chiots. Il est vrai qu’une portée nombreuse et sans problème couvre assez bien ses coûts. Mais la malchance n’est pas si rare. une césarienne d’urgence un jour férié pour un ou deux chiots écornera passablement vos économies.
 
Pour que l’expérience d’une portée soit une réussite, il faut vraiment être très motivé, avoir un environnement adéquat et un très bon chien, n’être avare ni de son temps ni de sa peine. Faire une portée exige d’être professionnel jusqu’au bout des ongles. Le dilettant joue avec la vie de sa chienne et des futurs chiots.
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