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4 -La période de socialisation

  On peut dire que la période socialisation est caractérisée par quatre éléments importants :

Les autocontrôles

La communication

Les règles de la vie en meute, la hiérarchisation

Le détachement

Ces quatre éléments constituent la charpente de tout processus de socialisation.

 

A – Acquisition des autocontrôles :

Pour Schématiser, on peut considérer qu’à l’issue des trois premières périodes du développement, le chiot fonctionne par l’essentiel sur le mode stimulation > réponse. Cela signifie qu’à toute application d’une stimulation d’intensité suffisante, il répond en produisant un acte. Ce mode de fonctionnement est tout à fait primitif. Il ne permet pas d’ajuster la réponse en fonction des réactions du milieu, c’est-à-dire en fonction des modifications subies par le stimulus. Au début de la période de socialisation, le chiot répond à tous stimulus en produisant des actes uniques d’une durée et d’une intensité uniquement conditionnées par les réactions émotives déclenchées. Les jeux, l’exploration, les alentours du nid ou du corps de la mère vont permettre aux chiots de développer des réponses comportementales, de les organisées et de se réguler. Ce processus n’est possible que si le chiot est placé dans un environnement favorable et suffisamment stimulant. Chaque nouvelle expérience est fixée dans sa mémoire.

L’acquisition du signal d’arrêt semble l’un des évènements majeurs de la période de socialisation. Bien qu’aucune étude n’ait cherché à préciser la date de l’acquisition de ce signal, on peut dire que le jeu joue un rôle déterminant. L’une des illustrations de ce processus est sans doute l’acquisition de la « morsure inhibée ». Vers l’âge de cinq semaines, les chiots recherchent les jeux de combat au cours desquels ils grognent et se mordent. Leurs dents de lait sont alors très pointues et l’intensité des morsures infligées est uniquement conditionnée par l’excitation engendrée par le jeu. Très vite le chien mordu crie, ce qui modifie l’état du chien mordeur qui peut s’interrompre, mais s’il ne le fait pas, la mère réagit et corrige le chien mordeur. Le chiot acquiert ainsi la capacité d’interrompre la séquence de combat en fonction des signes extérieurs ( les cris du partenaire, les grognements de la mère). L’existence d’une fratrie suffisamment nombreuse et surtout la présence d’adultes normo socialisés apparaissent comme indispensable à l’acquisition du signal d’arrêt. Dans le cas contraire, les chiots présentent un comportement tout à fait aberrant qui aboutit au syndrome d’hyperactivité – hypersensibilité.

Jeu après jeu, le chiot apprend à contrôler sa morsure afin de ne pas déclencher les cris de ses pairs. Ce contrôle est essentiel à la vie sociale des chiens. Lors des affrontements que déclenche une situation de compétition hiérarchique, la capacité de chacun des adversaires à contrôler ses mâchoires est la seule garantie contre des blessures graves.

Un autre exemple peut être donné avec celui du comportement alimentaire. Le chien affamé perçoit un lapin (vue et flair) proie qu’il connaît pour avoir déjà consommé du lapin. Ce stimulus est perçu dans un contexte de motivation alimentaire, il a une forte intensité d’évocation. Il déclenche l’approche et la capture qui vont constituer la phase appétitive qui abouti à la mort du lapin. Le stimulus transformé est alors bien celui qui est capable de déclencher la consommation du lapin (phase consommatoire). A la fin de son repas, le chien se lèche les babines et les antérieurs, ses mouvements se ralentissent : c’est la phase de stabilisation. Il s’arrête finalement. C’et le signal d’arrêt. Cet exemple montre bien l’organisation fonctionnelle du chien et permet aussi de comprendre les états pathologiques.

Un autre exemple est donné par l’apprentissage capital pour le chiot, celui de la hiérarchie alimentaire. Lorsque la mère commence à monter moins de patience pour les tétées du fait de la poussée des premières dents de lait du chiot.  Les chiots vont chercher d’autres ressources alimentaires disponibles, c’est-à-dire la nourriture des adultes, mère comprise. Ces tentatives déclenchent des réponses de menace de la part de tous les adultes. Ainsi empêchés d’apaiser immédiatement leur faim, en particulier par les dominants, les chiots vont patienter jusqu’à ce que la nourriture restante leur soit abandonnée. Durance cette phase d’attente, les petits tournent en gémissant autour de la nourriture. Stressés par cet obstacle inattendu, ils émettent des signaux posturaux et des mimiques traduisant leur inquiétude : oreilles basses, queue sous le ventre, membres fléchis, démarche hésitante. D’abord émis en désordre, ces signaux font se structurer pour prendre la forme d’un véritable rituel d’apaisement des dominants. Les chiots apprennent qu’une démarche louvoyante, lente, interrompue, avec détournement du regard dès que les grognements de l’adulte redoublent, leur permet de s’approcher du repas.  A la vue de ces signaux de soumission, l’adulte sait qu’il ne se heurte pas à une tentative d’appropriation de la part d’un challenger ou d’un dominant.  Cet apprentissage est le développement d’une tolérance à la frustration qui s’avère indispensable au cours de la vie sociale. Le jeune chien apprend qu’il n’est pas possible de satisfaire instantanément ses besoins, et qu’il faut se contrôler pour envoyer le message approprié. Outre sa fonction sociale, cet apprentissage participe à la mise en place des autocontrôles sensori-moteurs essentiels pour la vie future du chiot.  Enfin tout en apprenant la soumission pour obtenir à manger, le chiot peut observer le comportement du dominant – découverte indispensable  pour devenir plus tard un dominant efficace. Les chiens privés de cet apprentissage se montrent très souvent accapareurs face à une source de nourriture, réaction qui sera interprétée comme de la dominance à tort. Confrontés à leurs congénères, par exemple, immergés au sein d’un  meute, ils se révèlent incapables d’adopter un comportement dominant mais ne savent pas non plus se soumettre : ils sont rapidement évincés par les autres chiens.

 

B – Acquisition des systèmes de communication

Le développement de systèmes de communication est une nécessité absolue pour toutes les espèces animales. La notion de communication suppose la transmission d’une information détenue par un individu « émetteur » à un individu dit « récepteur », au moyen de signaux arbitraires mais communément interprétables par les deux protagonistes. Par exemple lors de l’attaque d’une proie, les vocalises modulées par les chiens sont associées à des situations de chasse particulières,. (proie perdue, proie en vue, ou type de proie) L’homme a appris à connaître ses vocalises et en a fait la clé de voûte de la vénerie (chasse avec des chiens courants). Durant une chasse à courre, les chiens n’émettent pas les mêmes vocalises suivant qu’ils suivent une biche ou un cerf, ou selon que la proie est proche, ou hors de vue. Cet échange d’informations au sein d’un groupe permet d’anticiper les réactions de la proie et augmente les chances de succès.

Cette communication est cruciale au cours des interactions sociales. L’une des caractéristiques des espèces sociales et la raréfaction des agressions. Un des moyens d’y parvenir consiste à moduler les signaux échangés de façon à faire évoluer la perception de la situation sans recourir à l’affrontement direct. S’il est possible d’apaiser le congénère et d’éviter le combat par des signes de dominance, ou au contraire de soumission, le profit est substantiel.

Afin de provoquer la reconnaissance escomptée du message chez l’autre, le chien stimule un ou plusieurs organes sensoriels du récepteur en lui fournissant des informations structurées. Cette transmission se fait par des canaux de communication empruntant un canal sensoriel principal : vision, audition, olfaction, goût ou toucher.  Plus le chiot sera en contact avec d’autres chiens, plus son système de communication sera développé.

 

Canal tactile : Le toucher est le premier sens qui se développe chez le chien. Actuellement on considère que c’est essentiellement au niveau de la truffe et des vibrisses implantées au  niveau du museau, du menton et des sourcils que le chien recueille des informations tactiles. Ces derniers permettent au chien de suivre le sol lors d’une quête nez à terre. Des récepteurs sensitifs cutanés existent par ailleurs sur tout le corps sans que leur répartition exacte soit parfaitement connue.

 

Canal olfactif : la communication olfactive  se fait par des substances émises les phéromones Elles sont capables d’intervenir sur les secrétions hormonales, et induisent des modifications émotionnelles à l’origine de variations de l‘état émotionnel.  Les réponses comportementales à la perception d’une phéromone sont par exemple l’évitement, la fuite, la tendance à l’inhibition ou à la soumission ou, au contraire, des réponses agressives. Pour donner un exemple, l’une des premières sources de phéromones chez le chien est le contenu des sacs anaux. Ce contenu est le plus souvent évacué spontanément avec les selles, mais à des moments variés de la défécation. Certains chercheurs ont postulé que les secrétions anales des chiennes en chaleur attirent les mâles. Des expériences qui consistaient à recueillir les secrétions de chiennes à différentes périodes du cycle et de les placer sur des chiennes en repos sexuel ont fait apparaître un comportement sexuel des males avec chevauchement lorsque ces secrétions étaient issues de femelles en chaleur.

Vivre dans un monde d’odeurs entraîne probablement des conséquence psychiques importantes sur la perception du temps et de la présence en l’absence de quelque chose. Dans les cas de la perception visuelle, et dans une moindre mesure, de la perception auditive, une chose n’existe qu’aussi longtemps qu’elle apparaît dans le champ visuel ou qu’elle émet un bruit. Un objet caractérisé par son odeur peut en revanche exister plus longtemps puisque cette odeur subsiste dans le milieu, même après disparition de l’émetteur. Une telle idée dérangeante et surtout très difficile à appréhender pour une être humain, soulève la question de la représentation que le chien a de la réalité qui l’entoure.

 

Canal auditif : à la naissance, les conduits auditifs sont encore fermés et les connexions avec le cortex cérébral temporal ne sont pas établies. Le chiot n’est toutefois pas totalement sourd. En effet, chez lui comme de nombreuses espèces animales, la perception des sons est relayée non seulement par le tympan mais aussi par les nombreuses lames ostéo-cartilagineuses qui garnissent les cavités sinusales. Ce complément de transmission ne permet pas au jeune animal de percevoir les sons aussi finement que par le système auditif, mais il l’autorise à situer les sources de bruit dans l’espace qui l’entoure. La perception sonore du chien lui permet de détecter une proie par les bruits ténus de ses déplacements. Elle autorise la communication à distance entre membres d’une meute. L’oreille du chien perçoit des ultrasons jusqu’à 35 000Hz, alors que notre propre oreille n’est sensible qu’à des vibrations ne dépassant pas 20 000Hz. Ces capacités exceptionnelles sont particulièrement intéressantes pour détecter des proies mais aussi pour discriminer les vocalises des congénères et notamment reconnaître le congénère émetteur ou percevoir son état émotionnel.

 

Canal visuel : le chien possède un équipement sensoriel très différent de celui de l’homme. De ce fait, le chien et son maître vivent dans des réalités très dissemblables. L’œil du chien est surtout adapté à la vision en lumière faible. Sa rétine, très riche en bâtonnets, autorise la vision d’objets peu lumineux. Cependant, cette perception manque de définition. L’œil du chien est surtout adapté à la perception des mouvements et autorise la chasse dans la pénombre. Contrairement aux idées reçues le chien voit les couleurs. Cependant ses performances sont nettement supérieures dans les bleus et les verts tandis que sa rétine semble peu sensible à la lumière rouge. Qu’elle que soit la race, le champ visuel du chien est supérieur à celui de l’homme. Le chien est capable de percevoir des mouvement de provenance très latérale, et notamment ceux de son maître durant la marche en laisse. Pendant la phase de socialisation, le chiot va apprendre les rituels, c’est-à-dire les postures et mimiques qui sont en fait des actes spécifiques qui permettent aux animaux de communiquer. La situation dans laquelle l’animal se prépare à exécuter le rituel est toujours la même. L’animal qui exécute ce rituel le répète et l’accentue jusqu’à ce que l’animal récepteur adopte le comportement recherché. En se ritualisant un comportement devient un facteur de cohésion sociale. Les rituels sont indispensables à la survie de la meute et limitent la survenance de conflits qui ont toujours pour conséquence de déstabiliser la meute et de la rendre vulnérables aux agressions extérieures. Il est à noter qu’un individu est plus à l’aise dans la meute où il a vu le jour que dans une autre meute avec d’autres rituels. Car s’il existe des rituels invariants pour une même espèce, le mode de fonctionnement de la ritualisation rend possible l’adoption d’innombrables variations au sein d’une même espèce. Ces variations, en apparaissant au sein d’un groupe social, vont être fixées et transmises d’une génération à une autre. Par leur existence, elles contribuent à l’originalité de chaque groupe, de chaque meute. Le chiot développe ses premiers rituels au cours des jeux et des interactions avec la mère. Notre tendance anthropomorphique peut nous conduire à juger le comportement parental des chiens selon nos propres critères et à comparer les chiots à des bébés. Or il est indispensable que la mère et les autres chiens adultes corrigent les comportements inadaptés des jeunes chiens. C’est ainsi qu’ils apprennent les signaux de communication de leur espèce. Le caractère spectaculaire de ces corrections tient au grognement et au fait que les adultes saisissent les chiots entre leurs mâchoires. Ces prises ont parfaitement  contrôlées et n’entraînent aucune blessure. Seul le poil est mouillé. Lorsque cette phase éducative commence, on observe un changement d’attitude  de la mère qui montre pour la première fois des réactions agressives face aux chiots. Il serait faux d’en conclure qu’il faut lui enlever ses petits. Il faut laisser la mère et les autres adultes accomplir leur tache éducative et ne pas mettre les chiots à l’écart, au risque de voir ces animaux développer des troubles comportementaux sévères.

 

Hiérarchisation

Comme tous les mammifère sociaux, le chien organise sa vie en meute autour de règles hiérarchiques. Le chiot doit apprendre ses règles pour pouvoir interagir correctement avec ses congénères. Ses règles s’acquièrent au cours du jeu. Les chiots sont très attentifs au comportement des adultes et semblent beaucoup apprendre par imitation. Au cours du jeu, ils tentent de reproduire les mouvements et les postures particulières qui composent les interactions hiérarchiques des chiens de la meute. C’est ainsi que s’élabore un répertoire postural validé à l’occasion des jeux et confrontations avec les adultes.

Certaines réactions des petits lors de soins pratiqués par la mère deviennent des éléments majeurs de la communication. Ainsi les chiots ont été habitués à être retournés d’un coup de museau par leur mère qui déclenchait l’émission de leur urines et excréments en léchant la période périnéale. Désormais autonomes sur ce plan, ils réagissent toutefois en urinant dès qu’on les place et on les maintient sur le dos. Cette réaction lorsqu’elle survient au cours du jeu avec la mère ou un adulte, interrompt les grognements et libère le chiot. Après quelques répétitions, cet enchaînement mémorisé devient un rituel de soumission qui permet de bloquer les réactions agressives de l’adversaire. Associé au contrôle de la morsure et à la capacité à s’inhiber acquise autour de la nourriture, il constitue un fondement de la communication sociale des chiots. C’est dire l’importance du jeu et ses conséquences sur le développement comportemental.

Le chien vit en meute organisée selon une hiérarchie subtile par un jeu de prérogatives et de signaux de communication, le territoire contrôlé par la meute peut se révéler soudainement moins riche en ressources. Les règles sociales évitent une inutile compétition, voir des agressions autour d’une nourriture moins abondante. Ce contrôle de l’accès à la nourriture est l’une des prérogatives des dominants, et l’apprentissage de ces règles marque en quelque sorte l’entrée du chiot dans la meute.

La première étape de l’apprentissage de la hiérarchie se met en place dans les semaines qui suivent le sevrage. Jusqu’à cette période les chiots qui se nourrissent à la mamelle ne respectent aucune règle d’accès à la nourriture. Lors du sevrage, leur mère les conduit auprès des sources de nourritures disponibles dans la meute. Face à la nourriture, les chiots affamés approchent de la nourriture, mais sont violemment repoussés par les adultes. Ils apprennent progressivement à respecter l’ordre de préséance alimentaire et émettent des postures d’apaisement pour approcher de la nourriture.

La seconde étape est contemporaine de la puberté chez le mâle et des secondes chaleurs chez la femelle. L’optimisation de la reproduction permet d’ajuster la taille de la meute en fonction des ressources alimentaires disponibles. L’expression du comportement sexuel devient un moyen de manifester son statut de dominant et participe à la communication par l’intermédiaire de rituels très élaborés. Cette organisation entraîne aussi une répartition spatiale des membres de la meute en fonction de leur rang hiérarchique, et donc de leur accès à la sexualité.

La période pubertaire du chien au cours de laquelle les glandes sexuelles commencent à secréter des hormones sexuelles et produisent des cellules reproductrices entraîne des modifications psychiques et une différenciation évidente des comportements entre mâles et femelles.

Chez le mâle, cette période se manifeste par un double pic d’agressivité suivi d’un retour à la normale. Dans la meute, les chiots mâles sont chassés des zones fréquentées par les dominants et surtout par les femelles. Ils sont contraints de choisir un lieu de couchage situé en périphérie du territoire de la meute et ne peuvent plus approcher des femelles adultes. Ils sont rejetés par les mâles adultes et par les femelles. Cette marginalisation des adolescents s’accompagne d’une inhibition du comportement sexuel en présence des dominants.

Les chiennes adolescentes subissent le même processus, mais de façon plus progressive. Leur marginalisation n’est jamais complète et peut se dérouler jusqu’au deuxième chaleur. De plus, il est possible que le contrôle de leur sexualité soit également réalisé par des phéromones émises par les femelles adultes.

 

Détachement

La puberté des chiots marque leur entrée à la fois dans le groupe des reproducteurs potentiels et dans l’arène des adultes hiérarchisés. La puberté est contemporaine d’un autre évènement déterminant dans le vie psychique du jeune chien : le détachement. S’il ne peut y avoir de développement normal sans attachement, ce lien entre le chiot est un autre individu qui lui apporte nourriture, protection et apaisement (en général la mère) doit prendre fin le jour le passage à l’âge adulte. Il doit y avoir détachement. Cette prise de distance s’opère principalement à l’initiative de la mère, mais il est vraisemblable que les chiots ainsi que les mâles adultes de la meute y jouent un rôle important. La période qui suit l’éruption des dents de lait, rend la tétée douloureuse et est la première cause de distanciation entre les chiots et la mère. La chienne tend à passer moins de temps dans le nid et s’éloigne fréquemment pour dormir à distance des petits. Leurs tentatives pour revenir au contact déclenchent  une nouvelle prise de distance de la mère. Il semble que la chienne semble rejeter plus précocement les mâles que les femelles. Cette tendance est observable aussi bien au cours des jeux que des interactions affectives. Cette rupture progressive mais violente dans sa réalisation entraîne la disparition du lien à la mère et son remplacement par un nouvel attachement au groupe social et tout particulièrement au mâle  dominant.

Entrés dans la meute, les jeunes chiens sont obligés d’utiliser les compétences sociales qu’ils ont acquises au cours de la période de socialisation. Cette nécessite est particulièrement forte pour les jeunes mâles. Tentés de s’incruster dans des zones territoriales fréquentées par leur mère et les autres femelles, ils sont en butte aux réactions des mâles dominants et des femelles elles mêmes. Agressés et repoussés hors de ces portions de territoire de la meute, ils s’installent en périphérie, là où se trouvent les individus les plus bas dans la hiérarchie. On parle de marginalisation des jeunes mâles. La marginalisation se manifeste par lé détermination du lieu de couchage, mais ne signifie par l’impossibilité d’interagir avec les autres chiens de la meute. Plusieurs jeunes peuvent partager un même lieu de couchage qu’ils défendront contre toute intrusion même d’un dominant. De fait, lors d’un conflit avec un mâle dominant, le jeune chien répondra en se soumettant et en se réfugiant dans son repaire, ce qui suffit à apaiser l’ire de son supérieur hiérarchique.

La marginalisation des jeunes femelles n’existe pas, elles restent proches de leur mère alors même que celle-ci élève la portée suivante.  Les conflits hiérarchiques ne sont pas exclus pour autant mais sont surtout visibles au moment des chaleurs durant lesquelles les femelles adultes de haut rang s’interposent entre les mâles et les jeunes femelles, interdisant tout comportement de cour. De plus, les premières chaleurs de ces jeunes chiennes sont discrètes même parfois indécelables, si bien qu’on soupçonne l’existence de phéromones inhibitrices des chaleurs émises par les dominantes. Cycle ovarien après cycle ovarien, certains chiennes prennent leur distance avec le groupe des dominantes. Développant des stratégies qui leur permettent de tromper la vigilance des dominantes, elle parvienne à attirer un mâle dominant qui les saillit. Elles deviennent à leur tour des dominantes.

Chez le chien, les quatre piliers de la dominance sont le contrôle de la nourriture, les contacts interindividuels, du territoire et de la sexualité. L’individu dominant montre son statut par des rituels mettant en scène ses prérogatives. Il mange le premier, ingère lentement la nourriture en regardant les autres qu’il tient à distance par des grognements. En fin de repas, il abandonne généralement un peut de nourriture que les autres obtiendront s’ils s’approchent lentement, s’arrêtent dès que les grognements s’amplifient et émettent des signes de soumission (oreilles basses, queue sous le ventre, et membres fléchis). De même le contact avec lui est possible à condition de l’aborder dans un mode apaisant et dominé et d’interrompre dès qu’il se raidit. Le dominant peut empêcher les contacts entre les membres de la meute. Son lieu de couchage, visible, lui permet de voir tout ce qui se passe alentour, notamment les entrées et les sorties de territoire. Enfin sa sexualité est publique et tonitruante. Les mâles dominants s’appliquent à saillir publiquement les chiennes en chaleur de la meute, et ce plusieurs fois de suite. Ces saillies ne sont pas pour autant toutes fécondantes : chez le chien et d’autres canidés sociaux, après une série plus ou moins longue de saillies durant lesquelles il émet un sperme riche en spermatozoïdes, le mâle n’éjacule plus que liquide séminal pou ou pas tout pourvu de cellules fécondantes. Sa frénésie sexuelle n’a donc d’autre fonction que sociale..

 

 

Conclusion

 

Lorsque le chiot vit sa phase de développement avec sa mère et ses congénères, le lien d’attachement qui se construit entre la chienne et ses petits conduit les jeunes à s’identifier à leur seule espèce. En arrivant à huit semaines dans une famille, le chiot tisse un nouvel attachement avec un être humain. Il associe les formes humaines au groupe des « semblables ».

A l’âge de huit semaines, le chiot vit toujours sous la protection d’une bulle sensorielle au sein de laquelle il revient sitôt qu’une nouvelle expérience le plonge dans la peur. C’est alors que l’homme fait irruption dans sa vie en le privant brutalement de cette sécurité. La séparation déclenche une phase de stress qu’on peut ne pas repérer. En effet, les signes dits de « protestation » : agitation, gémissements, plaintes ne sont pas continuels mais entrecoupés de périodes de calmes apparents. Ils constituent les symptômes d’une souffrance émotionnelle majeure. Plus l’environnement dans lequel vit sa nouvelle famille diffère de celui qu’il partageait avec la chienne, plus le besoin de trouver l’apaisant contact maternel se fait sentir. Alors se tisse un nouveau lien avec une personne appelée à devenir le nouvel être d’attachement du chiot.

L’établissement du nouvel attachement s’avère indispensable à la mise en place d’une socialisation satisfaisante du chiot à l’environnement humain L’individu « référent » du jeune animal sert de pivot rassurant et aussi de modèle à partit duquel s’opèrent des apprentissages par imitation Ainsi s’acquièrent les signaux de communication et se forment les comportements adaptés à l’environnement, par exemple se placer du bon côté de la porte pour pouvoir sortir Le chiot organise ses activités autour de la personne et revient régulièrement au contact notamment en cas de peur Le chiot tend alors à se placer entre les jambes de son être d’attachement et reste aux aguets Ainsi identifiée, cette personne doit veiller à organiser progressivement le détachement qui s’opère vers l’âge de 6 mois pour cela, dès 4 mois, elle doit repousser le chiot qui veut venir se coucher aux pieds et refuser de plus en plus souvent de se laisser solliciter ou approcher.

Les rebuffades doivent être très explicites : il faut réagir de la même façon que lorsque le chiot fait une sottise. Même si parfois cette attitude paraît difficile à adopter – on s’attendrit facilement face à un chiot qui demande un câlin-, il faut savoir s’y conformer pour  le bien de l’animal et aussi pour préserver la relation future.

 

La socialisation est un processus de maturation qui commence dès que le développement sensori-moteur est achevé. Rapportée à la durée de vie d’un chien, cette période de vie paraît très longue puisqu’elle occupe 5 à 8 mois de son existence. Elle commence avec l’acquisition de l’audition (réflexe de sursautement positif marquant la fin de la période de transition) et s’achève avec le détachement (rupture du lien d’attachement à la mère). Durant cette phase, le chiot apprend les règles de vie en meute, et en particulier toutes les règles de préséance qui gouvernent l’accès à la nourriture et aux lieux de couchage, ainsi que les contacts avec les congénères. Le chien est un animal social qui recherche en permanence la compagnie de ses congénères et entretien avec eux des relations de coopération complexe assurant une meilleure gestion des ressources et la survie de la progéniture. Le développement de ses compétences sociales dépend des ses capacités d’imitation. Il passe de longs moments à observer ce que font les adultes, puis dans les épisodes de jeux il reproduit les enchaînements de signaux qu’il a parfois mémorisé maladroitement. Au début, les erreurs de contexte et d’exécution sont nombreuses, mais les conséquences de ses erreurs, le chien n’obtient pas ce qu’il veut ou bien reçoit une correction, l’incitent à améliorer ses performances.

 

Chez l’éleveur, l’éveil du chiot dans une meute structurée et équilibrée lui permettra de devenir un adulte équilibré.

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